À L’AFFICHE : «AMERICAN NIGHTMARE 3 : ÉLECTIONS» Sortie : 20 juillet

jeudi 21 juillet 2016

 

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À L’AFFICHE : «AMERICAN NIGHTMARE 3 : ÉLECTIONS» Sortie : 20 juillet Frank Grillo, le sergent Barnes d` »American Nightmare 2 Anarchy » reprend donc du service pour ce troisième opus d`une franchise d`anticipation qui, peu à peu, écarte l`esprit dystopique pour devenir un simple film d`action dans le plus pur style des vigilant movies, gros muscles, […]

À L’AFFICHE : «AMERICAN NIGHTMARE 3 : ÉLECTIONS»
Sortie : 20 juillet

Frank Grillo, le sergent Barnes d` »American Nightmare 2 Anarchy » reprend donc du service pour ce troisième opus d`une franchise d`anticipation qui, peu à peu, écarte l`esprit dystopique pour devenir un simple film d`action dans le plus pur style des vigilant movies, gros muscles, trognes de méchants, et armes en tout genre à l`appui. Ici, il se retrouve en charge de la protection d`une sénatrice bien décidée à mettre un terme à la tradition de la purge qui permet à chacun, rappelons-le, de s`adonner à toutes sortes de crimes durant 12 heures, une nuit par an. Cible, au sens strict du terme, du pouvoir en place, elle va devenir la proie d`une bande de néonazis et ne trouver du soutien que parmi les gens « simples » de la rue. L`idée n`est pas neuve, mais c`est le principe même d`une franchise, où le contrat est généralement rempli en offrant simplement plus de spectacle que les opus précédents. C`est un peu le cas ici, ce troisième volet s`imposant comme un divertissement décérébré idéal pour les chaudes soirées d`été où l`on n`aspire qu`à passer quelques heures au frais d`une salle obscure. Mais le problème est qu` »American Nightmare » n`était pas censée être une franchise d`action sans prétention, et entendait même au contraire, dans son premier opus, et plus encore dans le second, se faire l`écho d`un débat central aux USA, surtout quelques semaines après la tuerie d`Orlando qui n`avait pas réussi, une fois de plus, à infléchir la course délirante aux armements dopée par le lobbying des cyniques inconscients de la NRA.
Dans « American Nightmare », James DeMonaco dénonçait dans un premier temps le recours aux armes à feu, pour finalement le justifier puisque le héros ne s`en sortait qu`en dégainant le premier. Il semblait finalement vouloir dire que personne n`était à l`abri, et que dans de telles conditions, il fallait bien réfléchir à la politique menée. Celle-ci, justement, était au centre du deuxième chapitre, montrant des décideurs sans âme regardant avec mépris et soulagement la populace s`entretuer et réduire de fait les dépenses de santé d`aide sociale… Ici, le réalisateur se retrouve face à l`angoisse de la page blanche : tout a été dit, et tout a même été montré, avec un huis clos, puis une nuit dehors. Retour, donc, à la case départ – le film devait à l`origine être une préquelle à laquelle on aura au moins échappé – avec une histoire qui débute dans la maison bien gardée de la sénatrice pour finalement se dérouler dans la rue. La surprise ne fonctionne plus, la mécanique est trop bien rôdée, et même les personnages peinent à faire vivre des intrigues secondaires, sans grand attrait. Voici donc un pur produit commercial, portant la marque de fabrique de Platinum Dunes plus que celle, hélas, de Blumhouse Pictures.

Yann Lebecque