Blood On Méliès`s Moon

samedi 11 juillet 2015

 

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Le cinéaste italien Luigi Cozzi (« Star Crash », « Contamination »), en production sur son nouveau film, « Blood on Melies’s Moon », en a dévoilé les premières images… La bande annonce du nouveau film de Luigi Cozzi (et Alexandre Jousse) BLOOD ON MELIES’S MOON, actuellement en production, pour une sortie en mai 2016/ […]

Le cinéaste italien Luigi Cozzi (« Star Crash », « Contamination »), en production sur son nouveau film, « Blood on Melies’s Moon », en a dévoilé les premières images…

La bande annonce du nouveau film de Luigi Cozzi (et Alexandre Jousse) BLOOD ON MELIES’S MOON, actuellement en production, pour une sortie en mai 2016/

https://www.youtube.com/watch?t=33&v=UPLh90wiKQ8

Extrait d’un entretien publié dans l’EF n°358

BLOOD ON MELIES’S MOON
Une histoire d`amour du genre

En s`intéressant aux origines du cinéma, Luigi Cozzi retrouve le chemin qui mène derrière la caméra, après plus de vingt années d`absence.

Grand nom du cinéma italien de science-fiction, Luigi Cozzi, ou Lewis Coates, pseudonyme qu`il s`est choisi pour signer certains de ses films pour le marché américain, n`a plus besoin d`être présenté aux fans. Réalisateur, scénariste et critique de film, Cozzi avait proposé son dernier long-métrage, « Il gatto nero » en 1990, avant de réaliser divers documentaires consacrés à Dario Argento et, ayant assisté à la lente agonie du cinéma de genre italien, avait choisi, depuis, de s`associer au maître lui-même pour inaugurer « Profondo Rosso », une boutique de cinéma spécialisée dans le fantastique, qui publie également des livres. Ces vingt dernières années, lorsqu`on lui demandait s`il comptait retourner à la réalisation, il répondait inlassablement que le Cinéma tel qu`il le considérait était mort faute de marché ou d`intérêt du public pour les petits budgets horrifiques ou de SF italiens. Imaginez alors notre surprise lorsque nous avons appris en juillet dernier qu`il avait décidé de tourner un nouveau long-métrage…

Malgré vos déclarations de ces dernières années, qu`est-ce qui vous a convaincu de revenir à la réalisation ?
Comme toujours dans ma carrière, tout est arrivé par hasard. Aujourd`hui, la technologie moderne simplifie la création d`un film. Jusqu`à récemment, il fallait disposer de beaucoup d`argent et d`une importante équipe pour cela. À présent, on peut même réaliser un film avec un smartphone, le monter dans un laboratoire, y ajouter de la musique et le projeter en salles ! C`était la même chose lorsque j`ai décidé de devenir éditeur car, jusqu`alors, il fallait imprimer au mois mille ou deux-mille exemplaires, ce qui impliquait un budget important, et la gestion d`un gros stock d`invendus. Les avancées du numérique permettent de n`imprimer qu`une trentaine de copies de chaque livre, et cela m`a convaincu de me lancer dans la publication d’études cinématographiques et de romans. Bref, ce sont les nouvelles technologies qui rendent possible ce qui n`a longtemps été qu`un rêve.

Alexandre Jousse, qui partage les responsabilités de réalisateur avec vous a, semble-t-il, eu un rôle dans votre décision…
Effectivement. Je participais à un festival où j`ai découvert un court-métrage français qui m`a beaucoup plu. J`ai donc tout fait pour qu`il gagne un prix, et j`ai alors rencontré son réalisateur, Alexandre. Comme je trouvais que c`était un excellent court, j`ai insisté pour qu`il soit présenté dans le cadre de l`Italian Horror Fest à Nettuno, où il a remporté un incroyable succès. Durant l`une de ces soirées, nous parlions de travailler ensemble et, alors que tout le monde rentrait à Rome à la fin du festival, Alexandre et son ami, Philippe Beun-Garbe, ont décidé de visiter la ville durant quelques jours. Nous avons alors décidé de nous retrouver à la boutique Profondo Rosso pour tourner une scène. Ce n`était que pour le plaisir, et je n`avais en réalité aucune idée précise en tête, mais ils ont tous les deux écrit une sorte d`histoire. Nous nous sommes bien amusés, puis ils ont emporté les images à Paris, les ont montées et m`ont envoyé le résultat final. Je l`ai vraiment apprécié et nous avons tous eu envie de filmer d`autres séquences. Cette fois, j`ai proposé que nous le fassions durant Halloween, pour qu`ils puissent revenir et rencontrer Dario Argento. De plus, comme la boutique serait fermée pour le week-end, nous pourrions utiliser le sous-sol qui accueille le musée d’Argento. L`idée était d`y faire se dérouler un meurtre, suivant les scènes que nous avions déjà tournées. Au bout du compte, nous avons produit un film de onze minutes, que tout le monde a aimé, ce qui nous a décidés à passer au long-métrage. Nous avons alors commencé à en écrire le scénario en partant des images dont nous disposions. L`histoire commençait à prendre forme, et j`ai donc contacté quelques amis, comme Lamberto Bava et Antonio Tentori pour leur demander de jouer leur propre rôle, et nous avons ajouté quelques scènes supplémentaires.

Que pouvez-vous nous raconter de l`intrigue ?
C`est une histoire très originale et un peu folle, où presque chaque acteur joue son propre rôle, où quelques meurtres sont commis et où l`on assiste à la fin du monde ! Vous savez, au début, j`écrivais le script en pensant surtout aux contraintes budgétaires, mais j`ai fini par balayer tout cela d`un revers de la main, en me demandant pourquoi diable je devrais limiter mon imagination ! J`écrirais ce que je voudrais et trouverais plus tard le moyen de le filmer. Après tout, j`ai toujours fini par trouver une solution dans ma vie ! Ce n`est pas simplement un giallo, et dans un crescendo de situations étranges, nous arrivons même à l`écroulement de la tour Eiffel ! J`espère simplement que je parviendrai à le filmer de façon crédible. Le scénario alterne les scènes de suspense à la science-fiction et aux moments ironiques. Si je dois réaliser un film aujourd`hui, il faut que je m`amuse, sinon, cela n`aurait aucun sens pour moi. Nous savons que nous n`obtiendrons pas d`argent, donc autant rire ensemble. Si les fans apprécient le résultat, ce sera parfait, sinon…

Pourquoi avez-vous décidé d’interpréter votre propre rôle?
En premier lieu, pour des raisons pratiques, car je tourne durant mes moments de liberté et je savais qu`ainsi, je pourrais toujours me trouver sur le plateau. Et, pour être le plus crédible possible, être moi-même serait le plus simple. Je me retrouve donc dans une étrange spirale d`étrangeté et je dois sauver le monde. C`est un peu paradoxal, et il s`agit vraiment de moi, mais j`aime cette situation, c`est le genre d`histoire que j`aime voir au cinéma.

Une présentation du nouveau film de Luigi Cozzi où le rédac chef de l`EF fait une petite apparition :

« Blood on Méliès Moon »:

https://www.youtube.com/watch?v=UPLh90wiKQ8