Critique de : STAR TREK : SANS LIMITES (sortie le 17 aout)

mercredi 27 juillet 2016

 

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Critique de : STAR TREK : SANS LIMITES (sortie le 17 aout) (Star Trek Beyond) USA. 2016. Réal.: Justin Lin. Scén.: Simon Pegg & Doug Jung. Héros plus matures assaillis par des doutes existentiels, hommage émouvant à Leonard Nimoy dont la disparition fait partie intégrante de l`intrigue puis à Anton Yelchin (décédé accidentellement le 19 […]

Critique de : STAR TREK : SANS LIMITES (sortie le 17 aout)

(Star Trek Beyond) USA. 2016. Réal.: Justin Lin. Scén.: Simon Pegg & Doug Jung.

Héros plus matures assaillis par des doutes existentiels, hommage émouvant à Leonard Nimoy dont la disparition fait partie intégrante de l`intrigue puis à Anton Yelchin (décédé accidentellement le 19 juin dernier) lors du générique de fin, méchant charismatique auquel Idris Elba (Heimdall chez les Avengers, « Pacific Rim ») prête sa carrure et ses traits grimés, ce troisième volet de la saga rebootée par J.J. Abrams ne manque pas d`arguments pour séduire les Trekkies. Passant la main pour se consacrer pleinement à « Star Wars », Abrams laisse le soin à Justin Lin (« Fast & Furious » 4, 5 & 6) de mener à bien ce nouvel opus lequel a toujours pour vedettes Chris Pine en capitaine James T. Kirk, Zachary Quinto alias Mr Spock, Zoe Saldana sous l`uniforme d`Uhura, Karl Urban (McCoy), John Cho (Sulu) et Simon Pegg (Scotty) auquel fut confié le soin de réécrire le scénario après quelques péripéties de préproduction. Bâti sur un suspense allant crescendo et des séquences particulièrement immersives, le métrage s`ouvre sur de drolatiques tractations diplomatiques menées non sans heurts par un Kirk qui ne tarde pas à faire état en voix off de son besoin de se remettre en question, quand Spock hésite en parallèle à quitter ses fonctions. Epaulé par le docteur McCoy, notre tandem-vedette tait vite ses atermoiements, se surpassant tous trois pour venir à bout d`une nouvelle menace aussi redoutable que celle représentée précédemment par Khan, Idris Elba succédant sous le faciès vindicatif de Krall à son compatriote Benedict Cumberbatch dans le rôle du méchant de service. De la traversée mouvementée d`une nébuleuse aux attaques d`essaims dévastateurs contrôlés par Krall en passant par le crash des leaders de l`Enterprise sur une planète servant de camp de base à ce dernier sur laquelle Scotty rencontre une sorte d`amazone (Sofia Boutella remarquée en tueuse aux jambes létales dans « Kingsman ») évoquant par bien des aspects Rey dans « Le Réveil de la force », le film regorge de morceaux de bravoure illustratifs de la bataille faisant rage entre Kirk et Krall pour le contrôle d`un artefact susceptible de rayer de la carte cosmique une gigantesque station orbitale. Littéralement happé par une débauche de SFX époustouflants, malgré quelques facilités (l`emprunt à « Mars Attacks ! » pour vaincre musicalement l`adversaire électromagnétique, la partition de Simon Pegg grandement calquée sur celle dont il nous gratifie en Benji dans « Mission : Impossible »), le spectateur embarque pour son plus grand plaisir vers cet espace frontière de l`infini, sur lequel plane l`ombre tutélaire de Spock/Leonard Nimoy, teintant cette généreuse aventure d`une part de nostalgie bienvenue. Tout en conservant l`esprit de la série de Gene Rodenberry porteuse d`un message humaniste et parcourue par un esprit d`antiracisme et de tolérance que le scénario perpétue notamment dans une double scène où l`on peut voir au détour d`une escale Sulu retrouver sa fille et son compagnon (allusion bienveillante aux coming out de George Takei et Zachary Quinto), « Star Trek Beyond » s`interroge sur les trajectoires à emprunter désormais pour éviter de recycler le mythe en boucle au risque de le vider de toute substance. Ou comment faire en sorte qu`une quinquagénaire franchise n`en manque jamais et ravisse perpétuellement ses fans…

Sébastien Socias