DE FLASH GORDON À ANAKIN SKYWALKER

lundi 5 novembre 2007

 

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DE FLASH GORDON À ANAKIN SKYWALKER Space-opéra et serial : les sources de Star Wars George Lucas ne s`est jamais caché du fait qu`à l`origine, Star Wars était essentiellement une réactualisation des films à épisodes (ou serials) que le studio hollywoodien Universal consacra, au cours des années 30, à la science-fiction et à ses héros […]

DE FLASH GORDON À ANAKIN SKYWALKER
Space-opéra et serial : les sources de Star Wars

George Lucas ne s`est jamais caché du fait qu`à l`origine, Star Wars était essentiellement une réactualisation des films à épisodes (ou serials) que le studio hollywoodien Universal consacra, au cours des années 30, à la science-fiction et à ses héros Flash Gordon et Buck Rogers. Au moment où il livre l`ultime chapitre de son « super serial », un retour sur les œuvres fondatrices de ce phénomène cinématographique s`impose…

Et la magie du serial opéra…

Lorsque George Lucas échafaude les bases de ce qui deviendra Star Wars, il vient de tourner son premier film, THX 1138. Son épouse Marcia et son producteur Francis Ford Coppola qui jugent ce titre peu optimiste encouragent le jeune cinéaste à s`orienter vers des sujets plus légers. Lucas hésite alors entre plusieurs projets ayant tous la nostalgie pour dénominateur commun. Il envisage ainsi de diriger un film de science-fiction renouant avec les serials américains tels que Flash Gordon ou Buck Rogers, que diffusaient jadis les salles US dans le cadre de leurs projections du samedi. Ces séances, destinées aux enfants, connurent leur apogée dans les années 30/40. Elles se déroulaient en matinée ou l`après-midi et offraient un menu copieux à de jeunes spectateurs avides de rêves et d`aventures.
Typiquement, ce programme s`ouvrait sur plusieurs dessins animés, des réclames et un documentaire. Arrivait ensuite un film de série B, souvent un western produit par une petite compagnie spécialisée dans les programmes économiques (Monogram, Republic…). Puis venaient l`épisode hebdomadaire du « serial » et, enfin, le « grand film » de série A concluait en beauté ce rituel attractif. Bref, chaque samedi, c`était la fête du cinéma pour les jeunes spectateurs américains des “Saturday Matinee”.
L`épisode du serial, durant une vingtaine de minutes, avait la particularité, comme son nom l`indique, de n`être que le chaînon d`une série. En effet, chaque serial se composait d`une douzaine d`épisodes et totalisait environ quatre heures de métrage. Afin d`inciter le public à revenir la semaine suivante, chaque épisode se concluait sur une péripétie projetant le héros dans une situation extrêmement délicate, désignée par le terme de « Cliffhanger » : il pouvait ainsi se retrouver suspendu au sommet d`une falaise, sur le point de chuter dans le vide. Comment allait-il s’en sortir ? Pour le savoir, il fallait revenir au cinéma le samedi suivant ! Ainsi, le jeune spectateur avide de découvrir l`intégralité d`une aventure de Flash Gordon devait-il retourner chaque samedi sur le théâtre des opérations, trois mois durant. Si le serial cinématographique trépassa au cours des années 50, sous l`influence de la télévision, c’est ce nouveau média qui, en proposant les serials classiques à son jeune public, permit au genre de conquérir de nouveaux fans, parmi lesquels un certain George Lucas…

Star Wars : le serial des temps modernes

En effet, tandis que l`écriture de La Guerre des étoiles progresse, Lucas et ses collaborateurs choisissent de concevoir leur film comme s`il s`agissait du volet d`un serial. « Nous avons décidé que nous faisions un film d`aventures dans l`esprit de Flash Gordon, et que nous parvenions au début du quatrième épisode » déclare ainsi le producteur Gary Kurtz. Dès lors, il est logique que le film s`ouvre sur un résumé récapitulant les trois aventures précédentes, comme c`était le cas en prélude à chaque épisode de serial afin de rafraîchir la mémoire des spectateurs les plus fidèles et de permettre aux autres de suivre l`action. Lucas toujours à la façon des serials, ponctue son film de péripéties s`inspirant des « Cliffhangers ». Par exemple, lorsque Luke, Leïa, et Chewbacca se retrouvent coincés dans le compacteur d`ordures, le suspense nous laisse imaginer, jusqu`à la dernière seconde, qu`ils vont être broyés par ce piège diabolique. Un épisode de serial pourrait ainsi se conclure et le spectateur devrait alors attendre la semaine suivante pour apprendre, qu`au tout dernier moment, R2-D2 parvient à stopper l`infernal mécanisme !
Au-delà de ces conventions narratives, la saga Star Wars adresse aussi de multiples clins d`œil aux quatre grands serials de science-fiction produits par Universal entre 1936 et 1940, c’est-à-dire au cours de l’âge d’or du genre. Trois d`entre eux étaient dédiés à Flash Gordon : Flash Gordon, Flash Gordon`s Trip to Mars, puis Flash Gordon Conquers the Universe. Enfin, un quatrième feuilleton, très similaire, mettait en scène Buck Rogers, un autre héros du futur. Afin de revisiter ces quatre classiques, sans lesquels Star Wars ne serait pas, prenez place à bord de la fusée cosmique du professeur Zarkov et soyez prêts à vous envoler vers la planète Mongo…
Pour sa première apparition, Flash Gordon est le héros d`une bande dessinée publiée dans les éditions dominicales de journaux américains. Créés par Alex Raymond, ce personnage et ses péripéties avaient pour but de concurrencer le succès du comics Buck Rogers. Flash Gordon fait alors un triomphe si bien que le studio Universal, alors très actif dans le registre du serial, décide rapidement de transposer ses tribulations au cinéma et alloue à ce projet un budget de 350 000 dollars pour treize épisodes.
Les producteurs de ce feuilleton font alors preuve d`un discernement sans faille en distribuant intelligemment les deux principaux rôles. Ainsi, Flash Gordon est incarné à la perfection par Buster Crabbe, un jeune comédien athlétique. Médaillé d`or de natation aux Jeux Olympiques de 1932, il avait déjà joué dans divers films d`aventures, et notamment tenu le rôle-titre du Serial Tarzan the Fearless. Quant à l`infâme Ming, Charles Middleton l`incarne avec toute la conviction, la fourberie et la mégalomanie nécessaires à sa crédibilité.

En 1936 sort donc, avec un énorme succès, ce premier serial Flash Gordon, mis en scène par Frederick Stephani. Une mystérieuse planète s`approche de la Terre, provoquant de nombreuses perturbations climatiques et annonçant, à court terme, la destruction de notre planète. Flash Gordon, sportif accompli et fraîchement diplômé d`une grande université, voyage à bord d`un avion en compagnie de Dale Arden, mais, soudain, leur appareil est détruit par une pluie de météorites. Heureusement, les deux jeunes gens parviennent à sauter en parachute et atterrissent dans le jardin du professeur Zarkov. Celui-ci ambitionne de se rendre, à bord de sa fusée, sur la mystérieuse planète Mongo, et de faire dévier sa trajectoire afin de sauver la Terre. Les trois héros partent donc sur Mongo où ils sont accueillis par les soldats de l`Empereur Ming, un tyran qui échafaude des plans démoniaques pour devenir le maître de l`univers. Aura, sa fille, s`éprend de Flash et l`aide à déjouer les traquenards de son père. Flash s`échappe et, avec l`aide de Thun, le roi des Hommes Lions, il, parvient à libérer Dale et à s`enfuir en sa compagnie. Mais ces trois fugitifs sont repris par les Hommes Requins, alliés de l`empereur, qui les entraînent dans leur ville sous-marine. Pendant ce temps, Zarkov fuit le palais de Ming en compagnie du prince Barin, héritier légitime du trône de Mongo et ennemi juré de Ming.

Dans les griffes des hommes-faucons

Une fois encore, Flash et ses amis s`enfuient, avant d`être à nouveau capturés par Vultan et ses redoutables hommes faucons qui résident dans une cité flottant dans le ciel de Mongo. Vulcan, qui compte épouser Dale Arden, réduit Flash à l`esclavage et le contraint à travailler dans les chaudières radioactives de sa cité. Sur ces entrefaites, Ming, qui convoite aussi Dale Arden, arrive à la ville volante où il exige des explications. Après moult duels et une bataille aérienne confrontant les fusées de Ming aux astronefs de Thun, l`empereur périt en se jetant dans un brasier, permettant ainsi à Barin de devenir le nouveau roi de la planète. Mongo et la Terre sont désormais hors de danger…
En transposant fidèlement à l`écran les inventions d’Alex Raymond, Flash Gordon parvient à créer un univers alors très innovant, brassant de nombreux genres du cinéma d`aventures. La part belle est d`abord faite aux éléments futuristes : ainsi, les héros combattent au moyen de pistolets laser et se poursuivent à bord de fusées armées de canons destructeurs. Mais certains passages et décors évoquent, eux, irrésistiblement des épopées médiévales. Au cours d’un duel, Flash combat à l’épée un mystérieux guerrier masqué. De son côté, Ming trône dans un palais à l’étrange architecture orientale. Certains personnages, comme les hommes oiseaux ou les hommes requins, relèvent plus d`un fantastique merveilleux que de l`anticipation. George Lucas se souviendra de tout cela, intégrant à sa saga de science-fiction des éléments provenant de genres aussi variés que le film de samouraïs ou de chevalerie.
À l`instar de Luke Skywalker et de ses amis, les personnages de Flash Gordon voyagent beaucoup et, au gré de leurs aventures, explorent des sites très variés, dont certains annoncent immanquablement Star Wars. La cité sous-marine des hommes requins évoque celle du peuple Gungan dans La Menace fantôme, tandis que la ville volante paraît très proche de la cité des nuages de L`Empire contre-attaque. Certaines similitudes sont encore plus explicites, comme la présence, dans les deux cas, d`un empereur malfaisant et assoiffé de conquête. Enfin, dans les Star Wars, Lucas marque les transitions entre leurs séquences par des effets de volet, totalement démodés en 1977, mais tout à fait communs dans les années trente, et particulièrement dans un serial tel que Flash Gordon.

Flash Gordon voyage sur Mars !

Le serial Flash Gordon ayant rencontré un grand succès, Universal s`empresse de lui donner une suite avec les quinze épisodes de Flash Gordon`s Trip to Mars, dirigés par Ford Beebe et Robert F. Hill.
De nouveau, la Terre est menacée. Un rayon aux nitrons émanant de la planète Mongo prélève tout le nitrogène présent dans l`atmosphère, ce qui entraîne de graves catastrophes. Flash Gordon, Dale Arden et Zarkov retournent donc sur Mongo à bord de leur fusée. Mais, chemin faisant, ils apprennent que le rayon provient en fait de Mars, et, par conséquent, s`orientent vers cette destination. Ils y découvrent que cette planète est sous la coupe de la reine Azura, détentrice de terribles pouvoirs magiques. Dans son ombre, nos héros ont tôt fait de retrouver l`infâme Ming présumé mort, mais reconverti en éminence grise d`Azura ! Flash et ses amis trouvent finalement refuge dans une étrange caverne où se terrent de monstrueux êtres de glaise. Il s`agit en vérité d`humains réduits à ce sort par la magie de la reine qu`ils espèrent vaincre avec l`aide de Flash qui devra neutraliser le pouvoir de la pierre magique d’où émane la puissance souveraine. Pour cela, il lui faut subtiliser un artefact surnaturel, placé sous la garde du redoutable peuple de la forêt…
L`anecdote est connue : alors que ce serial aurait dû se dérouler sur Mongo comme son prédécesseur, ses auteurs décidèrent de délocaliser l`action sur Mars après l`immense succès de la mythique émission radiophonique « La Guerre des Mondes », orchestrée par Orson Welles en 1938. Si ce Flash Gordon`s Trip to Mars, sorti la même année, reste très proche de son aîné, cela n`empêche pas Lucas de l`étudier tout aussi soigneusement. On note ainsi moult clins d`œil à ce serial dans divers volets de Star Wars. Dans L`Attaque des clones, les habitants de Geonosis se cachent dans les parois de leurs cavernes au moyen d`un habile camouflage, au cours d`une séquence que Lucas décrit, dans le commentaire audio disponible sur le dvd de son film, comme un clin d`œil aux hommes de glaise. En effet, ceux-ci recourent à un stratagème en tout point identique ! Par ailleurs, les pouvoirs magiques d`Azura, qui projettent encore plus les aventures de Flash Gordon vers le domaine du surnaturel, ne sont pas sans évoquer la Force. Quant au peuple de la forêt, il s’agit d’une tribu humaine vivant dans les arbres et se déplaçant sur des branches ou des plates-formes construites évoquant déjà les Ewoks, en plus malveillants toutefois. Par ailleurs, les scénaristes de Flash Gordon`s Trip to Mars introduisent un personnage comique, le journaliste nommé Happy Hapgood, lequel va accompagner Flash dans ses aventures. Sa présence cocasse induit une touche de comédie, proche de celle que l’inénarrable C-3PO apporte aux Star Wars. Enfin, les plus observateurs remarqueront les portes du palais d`Azura : adoptant la forme d`hexagones allongés, elles s`ouvrent en coulissant lorsque l`on manipule un mécanisme placé près de leur ouverture. Bref, elles ressemblent précisément à celles qui figurent à bord de l`Etoile de la Mort dans La Guerre des étoiles !

Les aventures de Buck Rogers au XXVe siècle

L`année suivante, Universal décide de transposer au cinéma la bande dessinée concurrente de Flash Gordon : Buck Rogers. Apparu dès 1929 sous les plumes du dessinateur Dick Calkins et du scénariste John Dille, ce personnage, héros du premier comics d`anticipation, se voit donc dédier son propre serial de douze épisodes, réalisés par Ford Beebe et Saul A. Goodkind en 1939. Toutefois, Universal veillant à ne pas changer une formule qui gagne, confie le rôle-titre à Buster Crabbe, interprète des deux Flash Gordon déjà produits.
Buck Rogers voyage à bord d’un dirigeable en compagnie du professeur Wade et de Buddy, le fils de ce dernier. Une tempête de blizzard s`abat sur l`aéronef qui s`écrase dans une région montagneuse. Dans l’habitacle, Wade parvient à libérer un gaz capable de maintenir ses trois occupants dans un état de survie artificielle, proche du sommeil. Les occupants du dirigeable ne sont retrouvés que cinq cents années plus tard ! Buck Rogers et ses amis sont alors recueillis dans la cité cachée de la Rébellion. En effet, la Terre est désormais sous la coupe d`un dictateur impitoyable, le redoutable Killer Kane, et les rebelles sont les seuls à oser se dresser contre sa tyrannie. Ils espèrent obtenir l`aide des habitants de la planète Vénus, mais ne parviennent plus à les contacter par radio. Buck Rogers accepte de partir vers cet astre aux commandes d`une fusée et d’aller quérir le secours de ces extraterrestres…
Dès le générique du second volet de Buck Rogers, le spectateur s`identifie à cet univers grâce au processus résumant les épisodes précédents : comme au début de tous les Star Wars, il s`agit d`un texte semblant se dérouler vers un lointain point de fuite. Cette présentation avait déjà été employée pour The Phantom Creeps, un autre serial Universal diffusé la même année, mais, dans Buck Rogers, nous la voyons pour la première fois appliquée à un space-opéra. Par ailleurs l`idée d`une Rébellion traquée par les troupes d`un impitoyable dictateur et contrainte à cacher sa base au fond de cavernes montagneuses, semble à l`évidence avoir inspirée l`Alliance Rebelle mise en scène dans les épisodes IV, V et VI de Star Wars. Parmi les insurgés, le lieutenant Wilma Deering, une jeune femme énergique, prête à participer aux combats les plus violents, s’avère un prototype tout à fait vraisemblable de la princesse Leïa. Quant à la ville depuis laquelle règne le terrible Killer Kane, avec ses multiples buildings et ses plates-formes vertigineuses, elle annonce la cité de Coruscant, d`autant que, comme dans L`Attaque des clones, héros et vilains s’y poursuivent au gré d’exploits défiant les lois de la gravité. Enfin, signalons que l’une des premières versions du scénario de La Guerre des étoiles comportait un dénommé Kane Starkiller, patronyme renvoyant sans nul doute au brutal Killer Kane !

Flash Gordon à la conquête de l`univers

Ultime serial Universal consacré au space-opéra, Flash Gordon Conquers the Universe (Flash Gordon conquiert l`univers), dirigé par Ford Beebe et Ray Taylor, sort sur les grands écrans en 1940. Buster Crabbe et Charles Middleton reprennent leurs rôles respectifs, mais Dale Arden, auparavant incarnée par Jean Rogers, est remplacée par Carol Hugues.
Tout le monde le croyait désintégré en une multitude d`atomes… Et pourtant, l`empereur Ming qui a survécu à sa précédente rencontre avec Flash Gordon fait à nouveau des siennes ! Ainsi, il envoie une fusée propager un poison dans l`atmosphère terrestre où il provoque l`horrible maladie de la Mort Pourpre. Aussitôt après avoir appris cette terrible nouvelle, Flash, Dale et Zarkov s`envolent vers Mongo et atterrissent dans le royaume d`Arboria où règne le prince Barin, l`un de leurs plus fidèles alliés. Flash se rend ensuite au palais de Ming et libère plusieurs habitants du royaume de Frigia retenus en otage par le tyran. En remerciement, Fria, la reine de cette glaciale contrée, autorise Flash Gordon à y prélever de la Polarite, un antidote neutralisant les effets de la Mort Pourpre. Ming ne l`entend pas de cette oreille, et, pour faire échouer ce plan, lâche sur Flash et ses amis une armée de robots soldats. Si Flash survit miraculeusement à la bataille, le prince Barin est gravement blessé tandis que Zarkov et Dale Arden sont faits prisonniers…
À n`en pas douter, ce dernier serial mettant en scène Flash Gordon a aussi été visionné par George Lucas et son équipe. En effet, la coiffure de la reine Fria est en tous points semblable à celle qu`arbore la princesse Leïa dans La Guerre des étoiles. De même, les aventures de Flash Gordon dans le royaume de Frigia évoquent les péripéties de L`Empire contre-attaque se déroulant sur la planète Hoth. Une attention plus soutenue permettra de constater que Han Solo porte alors une tenue très similaire à celle dont est vêtu Flash Gordon durant ces aventures glaciales. D`autres analogies peuvent être relevées. Ming emploie une armée de guerriers robots à la démarche mécaniques, lesquels annoncent les droïdes de combat de La Menace fantôme. Nous rencontrons un peuple extraterrestre, les hommes de pierre, qui participent de cette faune fantastique et bigarrée peuplant aussi bien l`univers de Star Wars que celui de Flash Gordon. À la manière de Greedo ou de Jabba le Hutt, ces créatures parlent, un jargon extra-terrestre incompréhensible. Heureusement, Zarkov y reconnaît un dialecte asiatique et parvient à servir d`interprète, comme le fera C-3PO !
Avec Flash Gordon Conquers the Universe s`achève cette tétralogie Universal du serial space-opéra. En 1956, ce genre, terrassé par la concurrence télévisuelle, s`éteint. Désormais, pour suivre régulièrement les aventures de leurs héros préférés, les spectateurs préfèrent rester dans leur salon plutôt que d`aller les savourer sur un écran à la mesure des aventures de Flash Gordon. Pourtant, George Lucas saura se souvenir de ces péripéties intergalactiques et remettre au goût du jour leur univers fantastique où se mêlent combats de vaisseaux spatiaux et éthique chevaleresque. Grâce à la saga Star Wars, le public de ces trois dernières décennies a pu renouer avec l`émerveillement qui envahissait chaque semaine les jeunes spectateurs, lorsqu`ils découvraient au gré des séances du samedi, les nouvelles aventures de Flash Gordon et de Buck Rogers…

Emmanuel Denis