EWAN McGREGOR (lire ci-dessous, ainsi que tous les autres articles de ce dossier)

lundi 5 novembre 2007

 

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EWAN McGREGOR Un Écossais drapé dans la Force Depuis 1999, Ewan McGregor est devenu, la force aidant, le sémillant Chevalier Jedi Obi-Wan Kenobi. Héritant du rôle qu`illustra très dignement Sir Alec Guinness, l`acteur écossais lui a insufflé un élan de jeunesse et un esprit d`aventure, évoquant immanquablement l`essence du personnage que le public avait en […]

EWAN McGREGOR

Un Écossais drapé dans la Force

Depuis 1999, Ewan McGregor est devenu, la force aidant, le sémillant Chevalier Jedi Obi-Wan Kenobi. Héritant du rôle qu`illustra très dignement Sir Alec Guinness, l`acteur écossais lui a insufflé un élan de jeunesse et un esprit d`aventure, évoquant immanquablement l`essence du personnage que le public avait en mémoire tout en conférant à Obi-Wan un statut de mentor exceptionnel. Un statut pourtant redoutable puisque l`apprenti qu`il affectionne et guide vers la clarté de la force va finalement succomber aux sirènes des ténèbres pour devenir Dark Vador. L`heure de vérité a sonné et le maître n`aura d`autre choix que d`affronter l`élève convaincu de l`avoir dépassé…

Vous souvenez-vous du tout premier film que vous ayez vu ?

Étrangement, je pense qu`il s`agissait de L`Episode IV ! (Rires). Je me souviens l`avoir vu avec mon frère, un soir, après l`école. J`habitais alors à Crieff, en Écosse, et mes parents nous ont emmenés en ville voir Star Wars, car le frère de ma mère, Denis Lawson, tenait le rôle du dénommé Wedge Antilles dans la première trilogie. Nous étions très enthousiastes, et ce spectacle nous a complètement époustouflés. C`était mon premier film, et j`avais six ans.

Puisque vos premiers souvenirs de cinéma correspondent à Star Wars, comment cet épisode final s`intègre-t-il par rapport aux autres films de la saga ?

Je pense qu`il recèle davantage de caractéristiques inhérentes à l`univers de Star Wars que les deux précédents. La Menace fantôme impliqua la longue mise en situation de personnages et d`intrigues. Il fallait lancer cette énorme saga et nous avions du pain sur la planche, surtout avec l`idée des Jedi. Nous les connaissions grâce aux trois premiers films, mais nous ne les avions découverts qu`après leur déclin. Il fallait donc ranimer l`époque où ils étaient les Chevaliers de la galaxie. La Revanche des Sith est visuellement impressionnant par son ampleur et par le rythme intense de son action. Bien sûr, comme il s`agit de l`ultime volet, tous les moyens ont été mobilisés…

Un univers qui perpétue la magie

Votre personnage a beaucoup évolué entre La Menace fantôme et L`Attaque des Clones, devenant ainsi un modèle : quel sentiment cela inspire-t-il au comédien que vous êtes ?

La meilleure expérience concerne l`implication du jeune public. Avant La Menace fantôme, je n`avais jamais joué dans un film susceptible d`être vu par des enfants. Or je les adore, j`aime leur façon de voir le monde. Ma plus grande satisfaction par rapport à Star Wars c`est lorsqu`un gosse me demande « Comment avez-vous coupé Darth Maul en deux ? » Ou, « Avez-vous réellement fait cela ? Comment allumez-vous le sabre-laser ? ». Ces interrogations me ramènent à la magie contenue dans ces films, et c`est un sentiment formidable. Je ne passe guère de temps à évoquer des personnages emblématiques, donc cela me surprend toujours un peu quand les gamins avouent que Obi-Wan est leur préféré, car j`ai tendance à croire que le héros n`est autre que Anakin Skywalker. Du moins c`était le cas avant ce film-ci ! (Rires).

La fascination des enfants pour Obi-Wan tient sans doute à son statut de mentor ?

Effectivement. On le voit d`emblée dans L`Episode I : Obi-Wan devient le mentor et maître du jeune Anakin. Il y a un élément lié au rôle du père, indéniablement. C`est un adepte de la discipline, et il n`a cesse de recadrer Anakin qui se plait à le provoquer, d`où cette relation filiale très agréable. Au terme de ce film, je fais référence à lui en disant qu`il est comme mon frère – assurément, un frère bien plus âgé, mais telle est notre relation bien établie dans ce troisième épisode. On constate à notre façon d`affronter les situations, et les luttes, que nous plaisantons ensemble tout en nous surveillant mutuellement. Très souvent, Anakin me sauve la vie lorsque je fais des erreurs. On retrouve beaucoup de Hayden et moi dans cette relation qui découle de nos excellentes relations sur le plateau.

Pouvez-vous nous parler de ce duel final entre Obi-Wan et Anakin ?

Je suis vraiment satisfait de toutes les scènes de combat ! Elles étaient aussi nombreuses qu`épuisantes à réaliser, mais extrêmement énergiques et motivantes. Hayden et moi étions si bien préparés que nous avons pu les jouer sans temps mort. Je dois dire que c`est quelque chose que nous faisons vraiment bien tous les deux ! J`en suis très fier.

Comment vous êtes-vous préparé physiquement pour ces combats au sabre-laser ?

Hayden a commencé bien avant moi, mais durant trois semaines nous avons pu répéter de concert et nous battre cinq jours par semaine, pendant une bonne moitié de ces journées. Apprendre ces mouvements fut plus fastidieux pour moi, puisque je suis bien plus vieux qu`à l`époque où j`ai abordé L`Episode I ! (Rires). C`est un processus lent car il implique la combinaison d`une multitude d`éléments. Or il est impossible de tout intégrer à la fois. Au départ, le résultat semblait très grossier, et les répétitions se succédaient. Il faut atteindre un stade où se dissociant de l`esprit, le corps se souvient seul du prochain mouvement à effectuer, de l`endroit où l`autre sabre laser va frapper. Cela doit être très fluide, d`où la nécessité d`un laborieux travail. Et puis, vous tournez ces scènes, et c`est fini ! Je ne regrette pas du tout ces longues étapes préparatoires, car au final, c`est très gratifiant.

Les illusions perdues

Comment le personnage d`Obi-Wan a-t-il évolué entre L`Episode I et ce dernier ?

Obi-Wan semble toujours avoir été un peu méfiant, surtout dans L`Episode I, à l`égard d`Anakin. Ce n`est qu`au terme de sa promesse à Qui-Gon, son maître mourant, qu`il a accepté de prendre en charge ce jeune garçon pour en faire un Jedi. Et je pense qu`il a assumé cette tâche du mieux possible, car s`il demeure prudent, il aime vraiment Anakin. Et lorsqu`il le voit céder à la haine et constate son arrogance, c`est un Obi-Wan très déçu dans l`affection qu`il lui porte, qui doit entraver la voie d`Anakin vers le statut de Jedi. Beaucoup d`évènements interviennent entre ces deux films. Le dérapage du côté obscur a été très savamment orchestré. Il est la conséquence de faiblesses très humaines – Anakin amoureux, va être père, mais il est jaloux et suspicieux. Nous avons tous gâché des étapes importantes de notre vie en nous laissant envahir par des émotions lorsque nous étions jeunes et naïfs, sans le recul nécessaire pour revenir à la raison. Anakin est jeune et passionné et il voit les choses de son propre point de vue, ce qui l`entraîne sur de sombres voies, et déçoit profondément Obi-Wan. Jusqu`à la toute fin, Obi-Wan pense qu`il reste encore un espoir de ramener Anakin du bon côté. C`est assez touchant– Obi-Wan et Padmé veulent qu`il comprenne que rien n`est encore irréversible. Finalement, Obi-Wan n`aura pas pu empêcher l`accomplissement de cet obscur dessein. Il était responsable d`Anakin et le pire est advenu malgré lui. C`est un lourd fardeau à porter, ce qui le pousse à partir méditer dans le désert et à devenir… Alec Guinness. Ce qui n`est pas une si mauvaise chose, vraiment (Rires).

Fut-il difficile d`endosser un personnage déjà élevé au rang d`icône du cinéma ?

Je visionne toujours beaucoup de films interprétés par Alec Guinness avant d`entamer le tournage d`un Star Wars. J`ai procédé ainsi à chaque fois. Et je suis bien plus proche de lui maintenant que je ne l`étais dans L`Episode I. C`était donc la dernière occasion pour moi d`aligner les deux personnages, de mener ma performance afin qu`elle converge vers celle d`Alec Guinness. Cette fois-ci, j`ai demandé à la production de monter une bande de L`Episode IV avec toutes les scènes d`Alec Guinness se répétant inlassablement en boucle. Je les ai diffusés dans ma loge pendant les trois premières semaines et Sir Alec Guinness me dictait finalement ce que je devais faire. Mais j`ai également tenté de valoriser l`aspect le plus intéressant à jouer chez Obi-Wan, quelqu`un que nous connaîtrons et aimerons jeune, tout en sachant que nos souvenirs nous évoqueraient un personnage âgé. Je pense que mes cheveux sont assez semblables à ceux d`Alec Guinness. Rien à voir avec la longue coiffure de Jedi qu`arbore Liam Neeson dans L`Episode I, ni avec la coupe de mulet que je portais avec panache dans L`Episode II (Rires). J`ai passé le flambeau de ce look à Hayden dans L`Episode III ! Je m`en sors avec la coiffure « Alec Guinness. » La continuité vis-à-vis de la performance originale et du look était primordiale dans cet épisode.

Exceptés les extraordinaires combats de sabre laser, quels seront vos souvenirs du tournage de L`Episode III ?

Ils ont recréé le corridor original dans lequel pénètre Dark Vador au début de L`Episode IV – nous avons tourné sur une réplique de ce décor, et c`était assez impressionnant. Quelques moments de L`Episode III m`ont ramené en enfance, alors que je découvrais Star Wars avec ma famille. Pour la première fois, j`ai enfin pu travailler avec Anthony Daniels, qui incarne C-3PO. Et me retrouver sur le plateau avec C-3PO fut vraiment un pur moment d`exaltation. L`autre souvenir marquant, curieusement, concerne R2-D2. C`était son dernier jour, et j`étais dans son ultime scène. Cela m`a vraiment ému – un robot m`a noué la gorge d`émotion ! C`était un moment fort. Je me souviens de l`enthousiasme suscité par sa première arrivée sur le tournage de L`Episode I. Soudain, tous les regards étaient braqués sur lui. Pour avoir beaucoup travaillé avec lui depuis, je l`apprécie énormément, et son départ m`a beaucoup attristé. Vraiment.

Propos recueillis par Rob Lightbody