GUSTAVE DORÉ AU MUSÉE D’ORSAY (voir ci-dessous)

samedi 22 février 2014

 

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Considéré comme le plus illustre des illustrateurs, Gustave Doré (1832-1883) a aujourd`hui droit à une pleine reconnaissance de ses multiples talents, à travers l`exposition-rétrospective que lui consacre le musée d`Orsay. Caricaturiste à ses débuts, sculpteur, peintre et bien évidemment metteur en images d`œuvres littéraires universelles, de l`Enfer de Dante au Gargantua de Rabelais en passant […]

Considéré comme le plus illustre des illustrateurs, Gustave Doré (1832-1883) a aujourd`hui droit à une pleine reconnaissance de ses multiples talents, à travers l`exposition-rétrospective que lui consacre le musée d`Orsay. Caricaturiste à ses débuts, sculpteur, peintre et bien évidemment metteur en images d`œuvres littéraires universelles, de l`Enfer de Dante au Gargantua de Rabelais en passant par La Bible, les fables de La Fontaine ou les noirs textes d`Edgar Poe, l`éventail de ses activités artistiques force aujourd`hui encore l`admiration. Impossible de ne pas relever au hasard des cimaises qu`un des acrobates des Saltimbanques au troublant facies d`alien orange ou bleu selon les deux versions proposées semble tout droit sorti d`une BD d`Enki Bilal ou d`un blockbuster SF. Comment ne pas trouver de similitudes entre les décors végétaux ténébreux de certaines de ses illustrations et ceux figurant dans L`Empire Contre Attaque, Sleepy Hollow ou chez Peter Jackson ? Son Baron de Munchhausen a inspiré officiellement Terry Gilliam, ses xylographies de Londres renvoient aux Oliver Twist de David Lean et Polanski quand son Don Quichotte évoque ceux de Pabst et d`Orson Welles. Quant à la poésie onirique aux forts accents cauchemardesques émanant de La Belle et la Bête de Cocteau comme de La Belle au Bois Dormant de Disney, elle doit beaucoup à ses travaux fondateurs sur les Contes de Perrault. Comme le souligne Christophe Leclerc dans une récente biographie consacrée à Gustave Doré (Le Rêveur Eveillé, ed. l`Harmattan) «à l`ère du numérique et des images virtuelles, l`univers de Doré conserve encore une réelle puissance divinatoire, brassant contes et mythes, faisant naitre le merveilleux et l`effroi, associant chevaliers intrépides et géants, prodiges de la nature et bestiaires surnaturels». Ce passeur d`images qui signa des milliers de planches pendant plus de trente années d`activité intensive et mourut relativement jeune n`eut donc pas le loisir de connaître le cinématographe et encore moins de l`utiliser. Néanmoins le 7e Art se réclama très rapidement de sa filiation naturelle. Sa formidable influence graphique parcourt les films de Méliès et les premiers péplums transalpins ou hollywoodiens de De Mille. Au point de faire dire au regretté Ray Harryhausen que Doré «aurait fait un grand chef opérateur, car sachant toujours regarder les choses du point de vue de la caméra». Cette grande rétrospective permet justement de combiner hommage à l`œuvre proprement dite et promenade éclectique à travers une arborescence la mettant en relief via des projections de films, des cycles de concerts voire des spectacles de marionnettes. Pour un événement forcément Doré sur tranche, à ne surtout pas manquer.
Gustave Doré « l`imaginaire au pouvoir » au musée d`Orsay jusqu`au 11 mai 2014. (horaires et détails du programme : www.musee-orsay.fr)

Sébastien Socias