Hommage à Paul Naschy par Alain Schlockoff (voir ci-dessous)

jeudi 9 juillet 2009

 

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PAUL NASCHY Ma découverte de Paul Naschy/Jacinto Molina remonte au mois d’août 1968, lorsque, séjournant pour la première fois à Madrid, je découvrais, étonné, dans les rues de la capitale ibérique les affiches géantes de «La marca del Hombre-lobo», le film venant juste de sortir. Me précipitant le soir-même dans une salle obscure, je passais […]

PAUL NASCHY

Ma découverte de Paul Naschy/Jacinto Molina remonte au mois d’août 1968, lorsque, séjournant pour la première fois à Madrid, je découvrais, étonné, dans les rues de la capitale ibérique les affiches géantes de «La marca del Hombre-lobo», le film venant juste de sortir. Me précipitant le soir-même dans une salle obscure, je passais un moment délicieux, avec cette nouvelle découverte du cinéma fantastique espagnol, six ans après «Gritos en la noche» de Jesus Franco. Je fus tout de suite pris de sympathie pour le personnage, émouvant et terrifiant, de Waldemar Daninsky, créé et interprété par Paul Naschy, dans la lignée du Wolf Man de l’Universal, firme à laquelle Jacinto rendra d’ailleurs hommage dans «Los monstruos del terror» deux ans plus tard. Correspondant français de la revue barcelonaise Terror Fantastic, je fus ensuite amené à rencontrer Paul Naschy «en chair et en os» (mais sans les poils et les crocs !) à Paris en 1970 pour un film français de vampires… qui ne se réalisa jamais, la production abandonnant brusquement les acteurs sur le plateau de tournage. Mais au moins le contact était pris (ainsi qu’une interview publiée, la première en France), et en 1973, Jacinto vint à Paris assister aux projections en avant-première, au sein du 3e Festival International de Paris du Film Fantastique et de Science-Fiction que j’organisais, de «El gran amor del conde Dracula» et «El Jorobado de la Morgue», ce dernier lui valant de remporter un légitime Prix d’Interprétation. Aujourd’hui encore, son personnage, le bossu Gotho, demeure émouvant et pathétique. Cette année-là, Peter Cushing était l’invité d’honneur de la manifestation, et lorsque je présentais le célèbre comédien britannique à Jacinto, je me souviens que notre ami, ému face à son idole, me demanda de lui traduire en anglais ces mots : «C’est grâce à vous si je fais du cinéma, vous m’avez inspiré ce métier !». Les deux comédiens devaient d’ailleurs se retrouver huit ans après sur le plateau de «Misterio en la isla de los monstruos», de Juan Piquer Simon, un autre «fidèle» de mon festival, auquel Paul Naschy se rendra à plusieurs reprises, notamment en qualité de réalisateur pour «El caminante», qui y remporta également un prix. Ainsi, au fil des années, j’eus l’occasion de rencontrer plusieurs fois le Lon Chaney Jr. espagnol, patronyme qu’on lui attribuait fort justement à l’époque, et surtout, de présenter au public français ses films. Il est extrêmement rare de trouver quelqu’un possédant à la fois un talent de scénariste, de comédien et de réalisateur. Tel est pourtant le cas de Paul Naschy, amoureux sincère et passionné du genre, dont la carrière comporte près de 100 films et qui, bien avant la mode actuelle, fut le seul à défendre les couleurs du cinéma fantastique en Espagne, au sein de cet âge d’or des années 70/80. Sa présence à Paris et ses films demeurent parmi mes meilleurs souvenirs de fantasticophile.

Alain Schlockoff