IMMACULÉE ***

vendredi 22 mars 2024

 

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À L’AFFICHE

IMMACULÉE ***

(Immaculate). USA/Italie. 2024. Réal.: Michael Mohan.

SORTIE: 20 MARS

 

Venue des États-Unis, la jeune et innocente Cecilia est accueillie dans un couvent isolé de la campagne italienne où elle doit prononcer ses vœux, ce qui a lieu le soir-même, devant une assemblée ténébreuse où se détache l’onctueux et charmeur père Tedeschi, et la plus rugueuse mère supérieure. Tout devrait aller bien pour la novice ? Mais alors d’où viennent ces cris de douleur qui troublent sa première nuit, où elle sort haletante d’un cauchemar éprouvant ? Et contre quoi cherche à la mettre en garde sœur Gwenn, qui vient la trouver en fumant insolemment une cigarette ?

Les films dits religieux ayant pour cadre un couvent sombre et mystérieux abondent (La Nonne), en général bâtis sur une ambiance feutrée où l’horreur ne se dévoile que peu à peu. Rien de tel ici où, dès l’entrée, les jump squares ne se font pas rares, où l’on ne fait que parcourir de sombres corridors éclairés à la bougie tenue d’une main tremblante, où une mise en espace usant de larges plongées écrasant les personnages créent un malaise permanent. Le film précise son thème alors que, lors d’une visite médicale, Cécilia, qui jure n’avoir jamais eu de rapport sexuel, se révèle être enceinte. En dire plus serait dommageable quant à ce qui va suivre, et qu’on peut considérer comme une variante à ces classiques que sont Rosemary’s Baby ou La Malédiction et ses suites, où Michael Mohan, tout en mettant en relief l’abomination d’un clergé complotiste, n’hésite pas à donner à fond dans le gore dans une suite de séquences brutes de décoffrage – une défénestration, une scarification au fer rouge, un incendie rongeant les chairs, et jusqu’à cet accouchement suggéré par le seul visage hurlant et cadré serré de Cecilia où Sydney Sweeney, couverte de sang de la tête aux pieds toute la seconde moitié du film durant, donne une interprétation aussi nuancée qu’intense. On peut reprocher à certains métrages d’aller trop loin. Ici, c’est dans sa démesure voulue que l’œuvre trouve son équilibre comme son efficacité.

 

Jean-Pierre ANDREVON