INTOLÉRANCE (lire la critique)

jeudi 12 juillet 2007

 

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INTOLERANCE – La trilogie G.B. 2000-2001-2004. Réal. : Phil Mulloy. Animation. Dist. : E.D. Distribution. Sortie : le 8 août 2007 Souvent méchant, volontiers drôle, hargneux et provocateur, «Intolérance» s’impose comme une somme aussi incontournable que majeure de l’animation pour adultes. *** Découvrant sur une bobine de film l’existence d’extraterrestres, les Zogs, dont la tête […]

INTOLERANCE – La trilogie

G.B. 2000-2001-2004. Réal. : Phil Mulloy. Animation. Dist. : E.D. Distribution. Sortie : le 8 août 2007

Souvent méchant, volontiers drôle, hargneux et provocateur, «Intolérance» s’impose comme une somme aussi incontournable que majeure de l’animation pour adultes. ***

Découvrant sur une bobine de film l’existence d’extraterrestres, les Zogs, dont la tête se trouve à la place du sexe, et réciproquement. Persuadée, dès lors, qu’ils constituent une menace pour notre planète, une expédition terrienne part vers leur univers dans le but de les détruire. Pour un voyage initiatique au très long cours, semé d’embûches. Les trois segments de «Intolérance», réalisés de 2000 à 2004 et dont le titre évoque forcément l’œuvre muette de D.W Griffith, sont ici compilés dans ce montage pour illustrer une fois encore le talent très particulier de Phil Mulloy. Ce natif de Liverpool, revenu à l’animation pour tuer le temps et ses démons intérieurs entre deux longs-métrages traditionnels, passe à la moulinette de son humour féroce le monde et les rapports humains tels qu’il les appréhende. Que ce soit l’église catholique ou la police, les leaders d’opinion, les scientifiques comme les subtilités de la vie de couple, tout ce qui représente de près ou de loin une once d’autorité et concoure à l’aliénation de l’être humain est dénoncé au travers de ces dessins ubuesques.

Avec Mulloy, la science-fiction se fait vecteur habile pour se moquer de la folie de ses contemporains et exorciser ses propres obsessions. Car la mort n’est jamais très éloignée des tentations du sexe dans cette vision apocalyptique de notre planète. Reflets renversés d’une humanité décadente, les extraterrestres semblent voués aux mêmes gémonies que nous, à ceci près que visuellement, leur sexe trône au sommet de leur cou tandis que leur bas ventre leur sert de cerveau ; malédiction malicieuse dont Mulloy se sert pour fustiger nos errements.
On le répète, son trait, s’il a quelque chose d’enfantin, de primitif façon peinture rupestre, ne revendique un tel dépouillement que pour appuyer plus aisément là où cela fait mal. Pour nous remémorer notamment que nous sommes tous des pervers polymorphes en puissance, animaux de meute refoulant nos bas instincts au profit d’un semblant de civilisation.

Sébastien Socias

Scénario :

«Une bobine de film est retrouvée, montrant la vie d`extra-terrestres : les Zogs. Ceux-ci sont en de nombreux points semblables aux humains, si ce n`est que la tête et les organes sexuels sont « au mauvais endroit ». L`assistance qui découvre le film est outrée par l`existence d`êtres aussi scandaleux et demande l`extermination des habitants de la planète Zog.

Seul Dwight Hokum sait que les Zogs ont déjà envahi la terre. Lui seul peut sauver la planète. Deux mille ans plus tard la flotte de vaisseaux spatiaux qui a quitté la terre parcourt toujours l’univers à la recherche de la planète Zog. L’équipage est partagé entre ceux qui croient à l’existence des Zogs et ceux qui la rejettent. Dans cette lutte acharnée entre les deux camps, Adam et Eva Hokum sont résolus à trouver le bonheur ensemble. La planète Zog sera-t-elle un paradis pour eux ?»