La critique de « Twilight 4 » par l`Ecran Fantastique (voir ci-dessous)

jeudi 17 novembre 2011

 

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TWILIGHT 4 – RÉVÉLATION part 1 Le superbe premier volet d’un diptyque (Twilight : Breaking Dawn. Part 1) USA 2011. Réal.: Bill Condon. Scen.: Melissa Rosenberg, d`après « Révélation » de Stephenie Meyer. Prod.: Wyck Godfrey et Karen Rosenfelt. Photo : Guillermo Navarro. Déc.: Richard Sherman. Mont.: Virginia Katz. Effets visuels : John Bruno. Mus.: Carter Burwell. […]

TWILIGHT 4 – RÉVÉLATION part 1
Le superbe premier volet d’un diptyque

(Twilight : Breaking Dawn. Part 1) USA 2011. Réal.: Bill Condon. Scen.: Melissa Rosenberg, d`après « Révélation » de Stephenie Meyer. Prod.: Wyck Godfrey et Karen Rosenfelt. Photo : Guillermo Navarro. Déc.: Richard Sherman. Mont.: Virginia Katz. Effets visuels : John Bruno. Mus.: Carter Burwell. Avec : Robert Pattinson, Kristen Stewart, Taylor Lautner, Billy BHurke, Gil Mirmingham, Sarah Clarke, Tu Olsson, Ashley Greene, Jackson Rathbone, NBikki Reed. Dist.: SND. 1h57. Sortie : 16 NOVEMBRE

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Avant-dernier tome de la saga, Révélation tranche sur les précédents dans la mesure où l’action pure est mise en veilleuse au profit d’une situation radicalement nouvelle : l’union officielle de Bella et d’Edward – et ses conséquences. Ce véritable «mariage du siècle», longue séquence initiale, est retranscrit avec beaucoup de tact et de sensibilité par Bill Condon, nouveau venu dans la saga mais ténor du fantastique (l’admirable Gods and Monsters, hommage oscarisé à James Whale et à ses Frankenstein). D’adolescente, la jeune héroïne va rapidement passer à l’âge adulte. C’est d’ailleurs sur les frêles épaules de Kristen Stewart que repose principalement ce volet, Robert Pattinson servant surtout ici de faire-valoir. La talentueuse comédienne s’en tire admirablement, traduisant à merveille les émois soulevés par ces noces inhabituelles, où se mêle chez Bella excitation et nervosité lors de la cérémonie nuptiale (précédé par une réplique sanglante à la faveur d’un cauchemar), puis ses revendications d’épouse soucieuse de connaître l’extase physique complète dans les bras de son bien-aimé. Enfin, la souffrance liée à sa situation de femme enceinte d’un bébé vampire dont la nature incompatible avec la sienne risque de provoquer sa mort est traitée avec beaucoup de tact. Révélation adopte davantage la forme d’un mélo que d’une aventure exaltante, même si la menace d’un affrontement entre les loups-garous et le clan des morts-vivants reste bien réelle et engendre l’une des tensions du film. Un mélo flamboyant où sont évoqués des thèmes adultes comme celui de la responsabilité (face à sa descendance) et la nature véritable de l’Amour (Jacob, le cœur brisé par l’état de santé de Bella, quitte son clan pour veiller sur elle). S’inscrivant évidemment dans la continuité des précédents chapitres, celui-ci présente des personnages plus adultes, aux ramifications plus complexes, et ne démérite pas, bien au contraire, dans un contexte où le danger est à la fois extérieur (l’attaque imminente des lycanthropes) et intérieur (l’enfant à la nature mystérieuse qu’attend Bella et qui brise les os de sa génitrice, entraînant une issue irrémédiable). La caméra de Bill Condon, fluide et élégante, ne perd jamais son point de vue : le moindre regard échangé entre les protagonistes s’avère source d’information, rien n’est inutile, tout sert à l’intrigue et participe à son suspense. Un suspense principalement psychologique où les principaux personnages souffrent (Edward, qui a toujours eu peur de tuer Bella, est placé face à un dilemme encore plus grand, Jacob prend position et renonce aux siens, gagnant du même coup en maturité en s’autodéterminant et en renonçant à sa jalousie traditionnelle). Le spectateur, quant à lui, éprouve toute une gamme d’émotions, partageant avec les personnages principaux l’évolution de leur situation, qu’il vit intensément, de l’exaltation, à la crainte, de la tension à la peur, participant également aux tourments qui saisit le couple central, d’une optique opposée quant à la venue au monde d’un enfant représentant à la fois une menace de mort pour Edward mais un miracle pour Bella. L’horreur n’est bien sûr nullement absente de cet opus plutôt sombre, culminant vers la fin, après que l’on a découvert ce que le bébé désirait vraiment (du sang !), avec la scène du terrible accouchement. Se terminant sur un cliff-hanger, cette première partie nous rend impatients de découvrir la suite, surtout qu’elle sera signée du même Bill Condon, les deux films ayant été tournés simultanément. Bénéficiant d’une partie de la talentueuse équipe technique de Gods and Monsters (auquel un petit hommage est rendu lors d’une séance de cinéma voisine de celle du Dracula de Coppola) et d’une superbe partition musicale de Carter Burwell, Révélation mérite décidément bien son titre !

Maryline Sandra