LA NUIT D’ORION

jeudi 8 février 2024

 

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LA NUIT D’ORION

Une production DreamWorks éblouissante

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(Orion and the Dark). USA/France. 2024. Réal.: Sean Charmatz. Scén.: Charlie Kaufman d’après le roman d’Emma Yarlett. Prod.: Peter McCown. Mus.: Kevin Lax et Robert Lydecker. Mont.: Kevin Sukho Lee. 1h33. Avec les voix de : Jacob Tremblay, Paul Walter Hauser, Colin Hanks, Angela Bassett. (Netflix).

 

Orion est un garçon de onze ans qui a peur de tout et en particulier du noir, ce qui lui gâche la vie. Un soir, l’incarnation de l’obscurité lui rend visite et l’embarque avec elle à travers le monde pour lui montrer qu’il n’y a rien à craindre la nuit…

Quand Charlie Kaufman, l’un des auteurs les plus doués et inventifs de sa génération (Dans la Peau de John Malkovich, Eternal Sunshine of the Spotless Mind) signe le scénario d’une production DreamWorks, il ne peut qu’en ressortir une œuvre singulière. Ce que La Nuit d’Orion vient confirmer. Adaptation d’un roman d’Emma Yarlett, ce premier long-métrage de Sean Charmatz s’impose en effet comme un sommet de l’animation, à la fois, drôle, sensible, émouvant et fantastique à plus d’un titre. Le film débute ainsi par une séquence pré-générique ponctuée de dessins enfantins qui nous présente le personnage d’Orion, enfant incapable de surmonter ses peurs et qui peine à s’épanouir dans son quotidien. On s’attache instantanément au petit héros auquel pourront facilement s’identifier les enfants. Si l’esthétique, tout en rondeur des différents protagonistes, n’a rien d’original, la manière dont est construite la narration est aussi ambitieuse que surprenante et emporte tout sur son passage, entraînant le public dans une aventure fascinante. Le fait que le récit navigue entre différentes temporalités, et donc réalités, confère une dimension quasi métaphysique au métrage. Car, au-delà d’aborder des thèmes comme les peurs enfantines, l’angoisse de grandir ou encore la transmission, La Nuit d’Orion nous montre à quel point les histoires sont importantes dans la construction de nos personnalités. Certains spectateurs ne manqueront pas de rapprocher cette production de Vice/Versa, reste que le film de Sean Charmatz se distingue du titre Pixar a bien des égards et creuse un sillon qui lui est propre. Comme en témoignent ces nombreux passages poétiques, notamment cette séquence, splendide, dans les nuages avec Noir et la tortue, qui imprime durablement la rétine. Le réalisateur se permet, en outre, quelques clins d’œil cinématographiques (à Poltergeist notamment) qui raviront de nombreux fantasticophiles. Quant au dénouement, chargé d’émotion, il arrachera probablement une petite larme à de nombreux adultes tant il leur fera écho. En conclusion : La Nuit d’Orion s’impose comme une véritable pépite du cinéma d’animation, à découvrir de toute urgence.

 

 

Erwan BARGAIN