« Le chasseur et la reine des glaces »: voir critique de l`EF (ci-dessous)

mercredi 20 avril 2016

 

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LA CRITIQUE DE LA SEMAINE de l’EF : « LE CHASSEUR ET LA REINE DES GLACES » ** Après le succès de « Blanche-Neige et le Chasseur », il était logique d’attendre une suite et, vu la qualité de ce dernier, de craindre de mauvais choix artistiques. Les doutes étaient fondés à la vision de […]

LA CRITIQUE DE LA SEMAINE de l’EF :

« LE CHASSEUR ET LA REINE DES GLACES »

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Après le succès de « Blanche-Neige et le Chasseur », il était logique d’attendre une suite et, vu la qualité de ce dernier, de craindre de mauvais choix artistiques. Les doutes étaient fondés à la vision de cette inclassable production, entre préquelle, spin-off et suite qui, faute de pouvoir compter sur l’un des personnages principaux – Blanche-Neige/Kristen Stewart ayant été écartée – a dû trouver une sorte d’itinéraire bis… L`histoire cite donc Blanche-Neige, réduite à l’état de chef d’État que l’on ne verra jamais, pour bâtir une intrigue dépourvue de la moindre saveur où le passé du chasseur est révélé, sans apporter grand-chose à son personnage. Voire en cassant sa dynamique intime en faisant ressusciter son amour interdit, Sara, incarnée par l’excellente Jessica Chastain qui livre malgré tout une piètre performance du fait de la platitude de son personnage. Le chasseur, passé du statut de héros déchu rongé par le chagrin et les remords à celui de joyeux amoureux insouciant, se retrouve doté de capacités physiques le rapprochant plus de l’univers Marvel que de celui des frères Grimm, et perd toute richesse et fragilité. Face à lui, Ravenna, revenue d’entre les morts, ou d’au-delà du miroir, s’avère glaciale et belle comme si Charlize Theron tournait une nouvelle pub pour Dior, recouverte de feuilles d’or et dépourvue d’âme, manipulant en coulisse sa jeune et jolie sœur Freya qui, par chagrin (encore !), voit son cœur figé dans le froid tout comme ses expressions faciales. C’est là tout le souci de ce film qui, faute de personnages attachants ou intéressants, n’a à nous offrir qu’une succession de plans épiques à base d’effets visuels corrects mais loin d’être toujours convaincants (les décors manquant notamment de réalisme) et de combats sans enjeux menés par des personnages dépourvus de profondeur. Le film tourne à vide, multipliant les sous-intrigues – les retrouvailles entre le chasseur et Sara, la guerre menée par Freya, le retour de Ravenna, les amours entre les Nains et les Naines, le pouvoir du miroir… – sans jamais ensorceler le spectateur ni renouveler le monde du conte de fées, ce que réussissait le premier film. Cette resucée s’avère en fin de compte n’être qu’un coup marketing dans l’eau, une énième tentative de faire de l’argent en oubliant qu’il ne suffit pas d’aligner un casting impeccable, mais qu’une histoire originale et une vision artistique sont indispensables. On peut hélas douter que les studios retiennent jamais la leçon.

Yann LEBECQUE

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