Le DOCTEUR FRANKENSTEIN : la critique de l`EF (voir cvi-dessous)

jeudi 26 novembre 2015

 

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Le DOCTEUR FRANKENSTEIN : la critique de l`EF **** (4 étoiles = excellent) Comment faire du neuf avec une histoire mondialement connue, tout en lui restant fidèle ? Paul McGuigan et ses scénaristes ont choisi une optique originale – tout raconter du point de vue du serviteur de Frankenstein, Igor, dans la même optique que, pour […]

Le DOCTEUR FRANKENSTEIN : la critique de l`EF

**** (4 étoiles = excellent)

Comment faire du neuf avec une histoire mondialement connue, tout en lui restant fidèle ? Paul McGuigan et ses scénaristes ont choisi une optique originale – tout raconter du point de vue du serviteur de Frankenstein, Igor, dans la même optique que, pour Mary Reilly, Stephen Frears revisitait « Dr. Jekyll et Mr. Hyde » par le regard de la servante.

Nous faisons donc connaissance avec Igor le bossu qui, clown martyrisé dans un cirque, prend la précaution, dès le début du film (l’histoire étant racontée sous forme de flash-back), d’en annoncer la couleur : “On se souvient du monstre, pas de l’homme. Sauf que parfois, le monstre, c’est l’homme”. Précision utile pour bien recadrer le thème, en le poussant au contemporain où la science et ses expériences sont désormais plus volontiers regardées comme maléfiques que bénéfiques. C’est l’Homme donc qui prime, les créatures (car il y en a deux), ne faisant ici que passer : un singe remodelé aussi effrayant que (presque) touchant (animé par câblage animatronique) qui devient furieux et doit être abattu, et un colosse aux allures de Golem – rappelons que c’est ce monstre d’argile qui inspira la première créature karlovienne. Avec, en référence directe à Whale, le fait de filmer en gros plan, premier indice de sa “naissance”, une main se soulevant hors du suaire qui le recouvre. Les références abondent dans cette insertion du récit au cœur d’un Londres victorien de 1860, sale, gris, enfumé, où l’on jurerait voir rôder l’ombre de Jack l’Éventreur, où un détective finaud pourrait être le clone de Sherlock Holmes (Paul McGuigan a réalisé deux épisodes de la série télévisée «Sherlock», où Andrew Scott, titulaire du rôle, est Moriarty) et où le richissime dandy Finnegan, dont on devine qu’il finance le docteur dans l’espoir d’obtenir une éternelle jeunesse, pourrait s’appeler Dorian Gray. Quant au départ du film, qui prend pour cadre la fête foraine crasseuse et brutale où Frankenstein récupère Victor dont il a deviné les capacités intellectuelles, elle évoque naturellement le chef-d’œuvre de Tod Browning, « Freaks ». Pour sombre qu’il soit (ici pas de second degré, même si affleure parfois un humour en situation), le métrage est constamment beau – les ruelles de Londres bien sûr, mais aussi le sinistre château de Dunnottar, en Écosse, où se déroule la dernière expérience du docteur, et qui pourrait être tout aussi bien celui de Dracula, d’autant qu’on y accède en fiacre noir, à travers une sombre forêt nocturne… Dans le rôle contrasté du savant, James McAvoy en fait peut-être beaucoup – mais son rôle le veut ainsi – et quant à Victor, l’inattendu Daniel Radcliffe, il est parfait. Au total, une réussite quasiment sans défauts.

Jean-Pierre Andrevon

Le DOCTEUR FRANKENSTEIN : la critique de l`EF

**** (4 étoiles = excellent)

Comment faire du neuf avec une histoire mondialement connue, tout en lui restant fidèle ? Paul McGuigan et ses scénaristes ont choisi une optique originale – tout raconter du point de vue du serviteur de Frankenstein, Igor, dans la même optique que, pour Mary Reilly, Stephen Frears revisitait « Dr. Jekyll et Mr. Hyde » par le regard de la servante.

Nous faisons donc connaissance avec Igor le bossu qui, clown martyrisé dans un cirque, prend la précaution, dès le début du film (l’histoire étant racontée sous forme de flash-back), d’en annoncer la couleur : “On se souvient du monstre, pas de l’homme. Sauf que parfois, le monstre, c’est l’homme”. Précision utile pour bien recadrer le thème, en le poussant au contemporain où la science et ses expériences sont désormais plus volontiers regardées comme maléfiques que bénéfiques. C’est l’Homme donc qui prime, les créatures (car il y en a deux), ne faisant ici que passer : un singe remodelé aussi effrayant que (presque) touchant (animé par câblage animatronique) qui devient furieux et doit être abattu, et un colosse aux allures de Golem – rappelons que c’est ce monstre d’argile qui inspira la première créature karlovienne. Avec, en référence directe à Whale, le fait de filmer en gros plan, premier indice de sa “naissance”, une main se soulevant hors du suaire qui le recouvre. Les références abondent dans cette insertion du récit au cœur d’un Londres victorien de 1860, sale, gris, enfumé, où l’on jurerait voir rôder l’ombre de Jack l’Éventreur, où un détective finaud pourrait être le clone de Sherlock Holmes (Paul McGuigan a réalisé deux épisodes de la série télévisée «Sherlock», où Andrew Scott, titulaire du rôle, est Moriarty) et où le richissime dandy Finnegan, dont on devine qu’il finance le docteur dans l’espoir d’obtenir une éternelle jeunesse, pourrait s’appeler Dorian Gray. Quant au départ du film, qui prend pour cadre la fête foraine crasseuse et brutale où Frankenstein récupère Victor dont il a deviné les capacités intellectuelles, elle évoque naturellement le chef-d’œuvre de Tod Browning, « Freaks ». Pour sombre qu’il soit (ici pas de second degré, même si affleure parfois un humour en situation), le métrage est constamment beau – les ruelles de Londres bien sûr, mais aussi le sinistre château de Dunnottar, en Écosse, où se déroule la dernière expérience du docteur, et qui pourrait être tout aussi bien celui de Dracula, d’autant qu’on y accède en fiacre noir, à travers une sombre forêt nocturne… Dans le rôle contrasté du savant, James McAvoy en fait peut-être beaucoup – mais son rôle le veut ainsi – et quant à Victor, l’inattendu Daniel Radcliffe, il est parfait. Au total, une réussite quasiment sans défauts.

Jean-Pierre Andrevon

Le DOCTEUR FRANKENSTEIN : la critique de l`EF

**** (4 étoiles = excellent)

Comment faire du neuf avec une histoire mondialement connue, tout en lui restant fidèle ? Paul McGuigan et ses scénaristes ont choisi une optique originale – tout raconter du point de vue du serviteur de Frankenstein, Igor, dans la même optique que, pour Mary Reilly, Stephen Frears revisitait « Dr. Jekyll et Mr. Hyde » par le regard de la servante.

Nous faisons donc connaissance avec Igor le bossu qui, clown martyrisé dans un cirque, prend la précaution, dès le début du film (l’histoire étant racontée sous forme de flash-back), d’en annoncer la couleur : “On se souvient du monstre, pas de l’homme. Sauf que parfois, le monstre, c’est l’homme”. Précision utile pour bien recadrer le thème, en le poussant au contemporain où la science et ses expériences sont désormais plus volontiers regardées comme maléfiques que bénéfiques. C’est l’Homme donc qui prime, les créatures (car il y en a deux), ne faisant ici que passer : un singe remodelé aussi effrayant que (presque) touchant (animé par câblage animatronique) qui devient furieux et doit être abattu, et un colosse aux allures de Golem – rappelons que c’est ce monstre d’argile qui inspira la première créature karlovienne. Avec, en référence directe à Whale, le fait de filmer en gros plan, premier indice de sa “naissance”, une main se soulevant hors du suaire qui le recouvre. Les références abondent dans cette insertion du récit au cœur d’un Londres victorien de 1860, sale, gris, enfumé, où l’on jurerait voir rôder l’ombre de Jack l’Éventreur, où un détective finaud pourrait être le clone de Sherlock Holmes (Paul McGuigan a réalisé deux épisodes de la série télévisée «Sherlock», où Andrew Scott, titulaire du rôle, est Moriarty) et où le richissime dandy Finnegan, dont on devine qu’il finance le docteur dans l’espoir d’obtenir une éternelle jeunesse, pourrait s’appeler Dorian Gray. Quant au départ du film, qui prend pour cadre la fête foraine crasseuse et brutale où Frankenstein récupère Victor dont il a deviné les capacités intellectuelles, elle évoque naturellement le chef-d’œuvre de Tod Browning, « Freaks ». Pour sombre qu’il soit (ici pas de second degré, même si affleure parfois un humour en situation), le métrage est constamment beau – les ruelles de Londres bien sûr, mais aussi le sinistre château de Dunnottar, en Écosse, où se déroule la dernière expérience du docteur, et qui pourrait être tout aussi bien celui de Dracula, d’autant qu’on y accède en fiacre noir, à travers une sombre forêt nocturne… Dans le rôle contrasté du savant, James McAvoy en fait peut-être beaucoup – mais son rôle le veut ainsi – et quant à Victor, l’inattendu Daniel Radcliffe, il est parfait. Au total, une réussite quasiment sans défauts.

Jean-Pierre Andrevon