LE FILM-EVENEMENT ! (critique)

mardi 22 mai 2007

 

Catégorie(s):

Extrait:
L`EVENEMENT DU JOUR Lundi 21 mai, avant-première à Paris des « PIRATES DES CARAIBES 3 ». Après un premier film-surprise où le Fantastique se taillait la part du roi, et un second opus particulièrement réussi (plus de 150 millions de spectateurs dans le monde), le troisième volet de cette trilogie était attendu avec encore plus d`impatience que […]

L`EVENEMENT DU JOUR

Lundi 21 mai, avant-première à Paris des « PIRATES DES CARAIBES 3 ».

Après un premier film-surprise où le Fantastique se taillait la part du roi, et un second opus particulièrement réussi (plus de 150 millions de spectateurs dans le monde), le troisième volet de cette trilogie était attendu avec encore plus d`impatience que jamais.

D`abord parce que le second se terminait intelligemment sur un habile cliff-hanger, nous laissant sur des charbons ardents, ensuite parce que l`on savait qu`il s`agirait du chapitre final de cette trilogie, où toutes les questions posées dans les deux précédents devaient trouver leur réponse.

La grande saga produite conjointement par Jerry Bruckheimer et Disney et brillamment mise en scène par Gore Verbinski se termine donc – et en beauté !

Lors de l`avant-première d`hier soir, lundi 21 mai, au Gaumont Marignan à Paris (annoncée par les responsables de Disney France comme «l`avant-première mondiale» du film – en oubliant seulement de préciser qu`une telle avant première avait eu lieu à Anaheim samedi dernier, en présence de 15.000 fans….), un tonnerre d`applaudissements a salué la fin de la projection (réunissant journalistes, « people » et autres invités privilégiés).

À l’instar du triomphal « Spider-Man 3 » (qui, lui, ne clôt pas les aventures de l`homme-araignée, puisque trois nouvelles suites sont envisagées après le succès du dernier), « Les Pirates des Caraïbes 3 » ne déçoit pas, bien au contraire.

Emportée par la magnifique musique de Hans Zimmer, cette grande fresque nous offre des images encore jamais vues. Le volume d`effets spéciaux utilisés est considérable, comme le précise Jerry Bruckheimer : « Nous avons plus d`effets spéciaux dans une bobine de ce film que nous n`en avions dans la totalité du premier ». Ajoutant : « Les dernières 4O minutes de ce film est le plus excitant morceau de cinéma où j`aie été impliqué ». Parlons en, justement, de ces 4O dernières minutes (sans les dévoiler, bien sûr). Si le film souffre – inévitablement – de quelques longueurs (après tout, il dure tout de même 168 minutes !), même si l`on ne s`ennuie pourtant mais, la dernière partie, celle dont parle à juste titre le producteur, est totalement époustouflante, s`agissant de séquences épiques à couper le souffle, par le rythme, l`inventivité, le suspense et l`émotion (avec un zeste d`humour aussi, comme il se doit). C`est un magnifique final, à la fois au film, et en même temps à cette trilogie, un final qui lui donne tout son sens et même la justifie.

Mais avant cette dernière bobine sublime, le fantasticophile aura assisté à une aventure pleine de surprises et de rebondissements (au sens propre et figuré). Naturellement, les comédiens sont magnifiques dans leurs rôles respectifs, et l`on saluera notamment la présence (éclatante) en guest-star de Keith Richards, incarnant le Capitaine Teague, père de Jack Sparrow. Bien entendu, l`histoire est captivante, nous entraînant dans diverses contrées et lieux dépaysants. Mais le véritable tour de force réside dans la réalisation de Gore Verbinski, qui s`est considérablement améliorée en 3 films (même si les second et troisième volets ont été tournés simultanément – on se demande par quel miracle, d`ailleurs, quand on voit le résultat à l`écran, et surtout l`amélioration encore apportée au tout dernier). Il maîtrise totalement son sujet, truffant l`oeuvre de petits détails constant qui en font tout le charme.

L`aspect que l`on retiendra le plus, certainement, est celui du réalisme de ce film, un réalisme nécessaire, faisant contrepoids à sa thématique 200% fantastique (et la renforçant). En témoigne ainsi la séquence d`ouverture, montrant un défilé de pirates s`avançant « docilement » vers la mort (on n`en dira pas plus). Par la suite, rien ne nous est épargné, l`oeuvre témoignant d`une violence inhérente au thème de la piraterie, tel que le cinéma (et l`attraction-phare de Disneyland) nous l`a toujours révélé. Pirates paillards (il y a un plan de quelques secondes étonnant, à la fois terriblement drôle et terriblement tendancieux) et femmes aux moeurs légères, traîtres de tous les instants (c`est même la thématique du film – la trahison, à laquelle se livrent tous les personnages sans exception), corps tranchés et décapités, combats sur les mâts et dans les airs (à la manière de « Spider-Man » !), le spectacle est à la fois total et permanent.

Rarement, sauf peut-être dans le tout premier volet, les personnages ont été aussi attachants. Et c`est aussi la grande force du film, avec ses nouveaux venus (Chow Yun-Fat, formidable, mais on s`en serait douté….) et le quatuor ayant assuré son succès : la sublime Keira Knightley (dont le personnage s`est considérablement étoffé et enrichi, au point de rivaliser avec celui de Jack Sparrow), les toujours excellents Orlando Bloom et Geoffrey « Barbossa » Rush, et le merveilleux Johnny Depp, qui se surpasse ici encore (et même se multiplie à l`écran, notamment dans une séquence-délire digne d`un Jodorowsky). Tous, du moindre figurant au plus grands rôles, jouent avec conviction et crédibilité – voire avec passion. Et le public ne peut qu`être emporté.

De par sa construction (en épisodes), « Pirates des Caraïbes, jusqu`au bout du monde » peut aisément se visionner plusieurs fois (au moins deux !) sans lasser. Que ce soient ses étonnants effets visuels ou sa galerie de personnages, tous les éléments sont réunis pour décupler notre plaisir. On pourra vraiment féliciter les scénaristes, qui, entre autres, nous livrent la justification la plus évidente (et la plus romantique) de la présence du Hollandais Volant dans la saga.

A l`issue de la vision du film,on aimerait que ces aventures se prolongent encore.Mais ce ne sera probablement pas le cas, à moins de trahir la crédibilité sur laquelle reposent ces trois longs-métrages. Tout a été dit, le reste ne pourrait être que répétition.

Et pourtant, interrogé sur la question, Oren Aviv, président de Walt Disney Motion Pictures Group répond : « Le scénario a été formidable pour chacun des trois épisodes, et il existe un 4e scénario tout aussi bien. Si Johnny (Depp) le souhaite, oui, absolument, nous ferons un quatrième film ».

Alain Gauthier