Le futur de Star Wars et de George Lucas

lundi 5 novembre 2007

 

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Le futur de Star Wars et de George Lucas RICK McCALLUM (producteur) Bâtisseur d`Empires Associé aux succès de George Lucas depuis « Les Chroniques du Jeune Indiana Jones », Rick McCallum est le producteur de ses films, et son allié le plus sûr, autant admiratif que solidaire et complice. Le personnage de Jar Jar Binks a pratiquement […]

Le futur de Star Wars et de George Lucas
RICK McCALLUM (producteur)
Bâtisseur d`Empires

Associé aux succès de George Lucas depuis « Les Chroniques du Jeune Indiana Jones », Rick McCallum est le producteur de ses films, et son allié le plus sûr, autant admiratif que solidaire et complice.

Le personnage de Jar Jar Binks a pratiquement disparu des Épisodes 2 et 3 : en réaction aux nombreux fans l’avaient détesté dans l’Episode 1 ?

Non, en fait, c’est seulement que l’action dramatique de ces deux films ne se prêtait pas à ses apparitions comiques. Il ne faut pas oublier que le premier épisode était essentiellement destiné aux enfants de 8 à 12 ans, et qu’il devait permettre à une nouvelle génération de découvrir la saga Star Wars en commençant par le début. Je me souviens que George m’avait décrit l’Épisode 1 dès 1991, en me disant que ce personnage comique allait générer beaucoup de polémiques, et déplaire aux fans adolescents, justement parce qu’il était destiné aux plus jeunes. Nous étions conscients du problème. Cela dit, lorsque l’on interroge les enfants sur les films, leurs personnages préférés sont, dans l’ordre décroissant : R2-D2, Yoda et Jar Jar !

Vous préparez actuellement deux séries télévisées qui se dérouleront dans l’univers de Star Wars : l`une avec des acteurs, et une série animée. Est-ce l’équipe de Gennedy Tartakowski, qui a réalisé Clone Wars, travaillera sur la seconde ?

Non, l’animation des personnages se prépare, ici, au Skywalker Ranch, avec une équipe dirigée par Rob Coleman, le superviseur de l’animation de Yoda et des créatures 3D dans les épisodes 1, 2 et 3 de Star Wars. L’animation des effets spéciaux sera produite dans le studio que nous avons récemment fondé à Singapour. En ce moment, nous en sommes en phase de recherches et de création de concepts. Nous allons bientôt lancer une première tranche d’écriture de 13 épisodes. La série avec les acteurs, elle, devrait être diffusée début 2007. L’ambiance de ces histoires sera plus sombre, focalisée sur les conflits de personnages. George Lucas envisage de dépeindre les évènements qui se déroulent entre les épisodes 3 et 4 de la sage sur une centaine d’épisodes. Je pense que nous devrions découvrir des personnages qui ont été développés notamment pour les bandes dessinées et les romans Star Wars, mais qui ne sont pas encore apparus au cinéma, ni dans Clone Wars. Ce qui sera très agréable, c’est que la série permettra de répondre à toutes les questions demeurées en suspens quant au destin des personnages pendant cette période. Les fans devraient être ravis ! Le tournage de la série en “live action” aura lieu dans le monde entier, mais les prises de vues principales seront filmées en Australie, à Sydney. Nous tournerons en haute définition, ou avec un autre système de ce type s’il en apparaît un qui soit encore plus performant dans les 12 prochains mois. Je doute qu`il en soit ainsi, mais nous ne serions pas mécontents de pouvoir disposer de caméras un peu moins coûteuses, sur lesquelles il serait possible d’adapter un plus grand choix d’objectifs.

Quels sont les prévisions de sortie pour la seconde partie de la série animée Clone Wars ?

Le second volume sortira en décembre aux USA. Il contiendra aussi un documentaire dans lequel Genndy Tartakowsky racontera la naissance de la série, sa conception et sa fabrication, et comment le récit a été situé dans la continuité de la saga, entre les Épisodes 2 et 3.

Quels sont les projets ultérieurs de George Lucas ? Il semble préparer un film consacré aux pilotes Noirs qui ont combattu pendant la seconde Guerre Mondiale…

Oui, nous sommes justement en train de rencontrer quinze de ces vétérans et de les interviewer. J’étais avec eux et avec George juste avant de vous rencontrer et je vais les rejoindre dès la fin de cet entretien. Ces réunions vont durer trois jours, car nous voulons nous inspirer de ces histoires vécues pour coller au plus près à la réalité. C’est passionnant de les entendre raconter leurs expériences du combat et décrire les relations entre Noirs et Blancs dans l’armée à cette époque là. Après avoir recueilli ces témoignages, George prendra le temps de réfléchir au projet. Je ne pense pas que nous lancerons la production du film avant fin 2006, début 2007.

Une séquence de l’Épisode 4 de Star Wars a été convertie en relief par la société In-Three, et George Lucas a publiquement soutenu ce nouveau procédé : quand allez-vous distribuer la première de ces versions en relief en salles ?

Tout dépend de deux facteurs. Pour l’instant, seules quelque 400 salles sont équipées en projection numérique dans le monde entier, ce qui est très peu. Mais nous nous réjouissons de voir que l’industrie cinématographique s’organise enfin pour évoluer vers la projection numérique. Deux sociétés, Christies et Technicolor, se sont récemment associées pour mettre au point un nouveau standard de projection numérique de très grande qualité. Nous avons le sentiment que les propriétaires de salles ont enfin pris conscience qu’il fallait respecter les spectateurs qui payent leurs billets, et leur proposer un plus haut niveau de reproduction d’image et de son. Ce nouveau procédé 3D pourrait être un catalyseur, un événement médiatique très important qui inciterait de nombreux propriétaires de salles à “sauter le pas” et à s’équiper en numérique. Les chiffres de fréquentation des salles ne cessent de baisser. Il est donc temps de proposer une expérience nouvelle au public ! Qu’il s’agisse simplement de projection de haut niveau, ou de projection en relief. Nous attendrons la mise en place de 3 à 4000 salles de projection numérique dans le monde avant de lancer la production de la version en relief de Star Wars. À ce moment-là, nous collaborerons certainement avec l’une des compagnies qui a développé la procédure permettant de transformer un film normal en relief. L’une d`entre elles, In-Three, a effectivement réalisé un très bon travail sur la séquence test dont vous parlez. L’avantage de leur procédé, c’est qu’il ne génère aucune fatigue visuelle. On peut facilement regarder un film de deux heures sans éprouver la moindre gêne, quel que soit l’endroit où l’on se trouve assis dans la salle. L’avantage supplémentaire, c’est que l’on peut déplacer un élément de l’image – un personnage, un tir de laser, une explosion – et le situer exactement où on le souhaite dans l’espace tridimensionnel. Autrement dit, on peut choisir de mettre en valeur tel effet ou tel autre, ou de souligner certaines parties de l’action. Comme vous le savez, les séquences de Star Wars regorgent de détails, et bien qu’elles n’aient pas été conçues à l’origine pour le relief, elles se prêtent très bien à cette manipulation. On peut même redécouvrir le film de cette façon. Je suis persuadé que ce procédé deviendra très populaire. Peter Jackson va produire une version 3D de King Kong, qui sera diffusée quelques mois après la sortie du film, le prochain James Cameron sera tourné en 3D, Robert Rodriguez et Robert Zemeckis ont eux aussi de nouveaux projets destinés au relief. Finalement, c’est ce groupe de réalisateurs qui va inciter les studios à franchir le pas en direction de la projection numérique et relief. Bien sûr, le relief n’est pas adapté à tous les types de métrages, mais il peut être un avantage considérable pour promouvoir un film d’action spectaculaire.

Propos recueillis et traduits par Pascal Pinteau