LE MASQUE DE LA MÉDUSE – le dernier film de Jean Rollin. Reportage publié dans l`EF de septembre 2010 (voir ci-dessous)

vendredi 17 décembre 2010

 

Catégorie(s):

Extrait:
LE MASQUE DE LA MEDUSE Quand la Gorgone hante les caves du théâtre du Grand Guignol… Plus de quarante ans après Le Viol du vampire qui fit scandale en plein mai 1968, et de nombreux autres films depuis, tous nourris aux sources du fantastique, de l’érotisme et du surréalisme, Jean Rollin persiste et signe avec […]

LE MASQUE DE LA MEDUSE
Quand la Gorgone hante les caves du théâtre du Grand Guignol…

Plus de quarante ans après Le Viol du vampire qui fit scandale en plein mai 1968, et de nombreux autres films depuis, tous nourris aux sources du fantastique, de l’érotisme et du surréalisme, Jean Rollin persiste et signe avec Le Masque de la Méduse. Retour sur ce nouveau cru 2010 dont la première véritable projection publique aura lieu le 17 septembre à la Cinémathèque Française.

Un rendez-vous matinal avait été fixé rue Chaptal, dans le 18e à Paris. Plus précisément au fond de l’impasse qui abrita jadis le Grand Guignol, disparu en 1963. Personne aux alentours, personne à l’intérieur de l’International Visual Théâtre qui aujourd’hui remplace le mythique théâtre de l’horreur. Une équipe de cinéma, ça ne passe pourtant pas inaperçu. Votre serviteur essaie toutes les portes pour arriver enfin dans la salle principale, moderne, froide et vide. Sur la scène plongée dans une semi pénombre, une impressionnante collection d’affiches s’expose silencieusement, comme les fantômes d’un glorieux et lointain passé : «Les Crucifiés», «Le Jardin des supplices», «Le Marquis de Sade», «Le Laboratoire des hallucinations»… Autant d’images début de siècle, saisissantes et accrocheuses, où dominent le sang, le sexe, la terreur, un peu à la manière des affiches fantastiques qui orneront les cinémas de quartier des années plus tard. Nul doute possible, nous sommes au bon endroit. Mais c’est en fait juste en dessous, dans les caves du théâtre auxquelles on accède par des trappes dignes de Gaston Leroux, que les choses se passent ce matin-là. Une toute petite équipe s’affaire ici à mettre en boîte une séquence du Masque de la Méduse, le nouveau film du plus underground, libre et inclassable des réalisateurs français : Jean Rollin.
On l’avait laissé l’année précédente sur une vraie réussite, La Nuit des horloges qui s’assumait comme un émouvant film testamentaire, d’ailleurs un temps intitulé Le Dernier film. Mais en anar irréductible qui s’affranchit de toutes les règles – et d’abord de celles édictées par lui-même – le voilà finalement en train de réaliser à nouveau un de ces films étranges dont il a le secret : l’histoire d’une gorgone cette fois qui, avec ses sœurs, hante le théâtre de Grand Guignol. Tout un programme.
Il en convient bien volontiers, résumer le film est un exercice «assez difficile» tant il s’agit là d’une sorte de patchwork mental de ses fantasmes, souvenirs et sources d’inspiration. Qu’on en juge. Jadis trois sœurs se sont querellées : Méduse qui rendit aveugle Euryale, laquelle en retour la priva de sa mémoire, et Sthéno, la plus jeune, réduite à l’état de bête sauvage par Méduse. Depuis lors, Méduse erre, transformant en statue ceux qu’elles fascinent pour se nourrir ainsi de leur mémoire, jusqu’au jour où elle retrouve ses sœurs dans les caves du théâtre du Grand Guignol. Là vit toute une faune d’étranges personnages : un collectionneur de statues toujours sur les traces de Méduse, un gardien qui semble vivre à jamais dans le souvenir de l’âge d’or du théâtre et un nain aussi disgracieux qu’intensément amoureux de la beauté virginale de Sthéno… Autant de figures insolites en forme de réminiscences de cette culture populaire qu’affectionne tant Rollin, et autour desquelles se noue le drame. Le réalisateur se souvient :
«J’ai essayé de coller dans ce film là beaucoup d’éléments que j’avais mis de côté. Parmi eux, il y avait notamment le Grand Guignol. J’ai la chance – puisque je suis assez vieux pour ça – d’avoir été spectateur du Grand Guignol, y ayant vu certaines pièces d’André de Lorde qui ont été reprises, ce qui m’a favorablement impressionné. Le théâtre lui-même – ce lieu où l’on allait en rasant les murs – était très beau : c’était une ancienne chapelle, absolument magnifique, avec des boiseries, des angelots…. J’ai même joué, enfant, ici au Grand Guignol. Il y avait une sorte de mystère qui enveloppait tout cela. Comment pouvait-on faire des choses aussi effrayantes, sur une scène de théâtre ?». En voyant ce qui subsiste du lieu – c`est-à-dire rien du tout – on ne peut qu’être frappé par la contradiction qu’il y a à tourner ici : le cinéaste n’agirait-il pas finalement un peu comme ses personnages, en chasseur de fantômes d’un passé révolu ? «Mais j’ai déjà vu des fantômes sur des tournages, vous savez…» confirme-t-il d’un grand éclat de rires ambigu. «D’un autre côté, j’avais très envie de travailler sur le personnage de Méduse, qui est un des grands mythes du fantastique. Paradoxalement, il a toujours été assez sous-exploité au cinéma. Il y a La Gorgone de Terence Fisher, qui est longtemps resté inédit en France, dont l’approche est vraiment très bien, quoique trop classique et avec une gorgone manquant un peu de personnalité. Je connaissais également l’ancienne version du Choc des titans. Et surtout les tableaux qui représentaient le personnage, comme celui du Caravage. En fait, le projet du film est né de l’envie de donner le rôle à ma femme, dont tout le monde a dit qu’elle était formidable dans La Nuit des horloges : c’était la toute première fois qu’elle jouait et j’avais envie de la voir cette fois dans un rôle plus important».
L’art d’improviser en famille
Familial, l’ambiance l’est incontestablement dans cette toute petite cave. Outre Simone Rollin, on reconnaît Bernard Charnacé dans le rôle du collectionneur, l’acteur de théâtre déjà croisé dans Les Deux Orphelines vampires, par ailleurs éminent fantasticophile. Déjà aperçue dans La Fiancée de Dracula, Sabine Lenoël, incarne cette fois Euryale. Et puis il y a les techniciens, pour la plupart des fidèles de longue date. On comprend aisément que ce soit là un aspect primordial et consubstantiel du cinéma de Rollin, tant celui-ci se révèle non orthodoxe dans sa manière de diriger. «Leur présence contribue à me mettre à l’aise. Je sais qu’avec eux, je n’aurais aucun problème à demander quelque chose d’insolite. Pour Le Frisson des vampires, j’avais eu énormément d’appréhensions par exemple. J’avais une femme vampire qui faisait des apparitions tout à fait bizarres : elle tombait par la cheminée, comme un père Noël, elle émergeait d’un puits et surtout, elle sortait d’une horloge… Je savais qu’avec cette comédienne, il n’y aurait pas de problème : c’était le genre de choses qu’elle aimait. Mais j’avais très peur de ma productrice et j’avais raison d’ailleurs : elle était très tentée de couper toutes ces choses. Maintenant que je suis indépendant, le grand plaisir que je m’offre est celui de l’improvisation. J’adore ça. Depuis Les Raisins de la mort ma mise en scène s’affranchit de tout découpage sur un tournage. Je pars désormais d’un principe qui se vérifie sans arrêt : quand vous écrivez un découpage, vous êtes à un stade du film qui est celui de la préparation. La plupart du temps vous ne connaissez pas encore les décors, donc c’est un travail abstrait. Quand vient enfin le tournage, des mois ont passé et vous n’êtes plus le même : votre pensée a changé, votre plaisir à faire du cinéma a changé. Du coup, là où vous auriez vu un plan pour passer d’une séquence à une autre, vous voyez une séquence entière. Parce que les décors vous inspirent, parce que les acteurs ont tendance à vous en donner plus que ce que vous attendiez».
La scène tournée ce matin-là semble au contraire très écrite et illustre à la perfection ce lien jamais démenti chez Rollin entre littérature et cinéma. Ses livres abordent souvent des genres ou des sujets propres au 7e art, quand ses personnages de cinéma s’expriment comme des héros de romans déclamant des poèmes. Là, c’est Bernard Charnacé qui se livre à un monologue à la mesure de l’étrangeté de son personnage, une performance qui se révèlera être l’un des moments de bravoure du film : «C’est davantage une sorte d’entité qu’un personnage» explique l’acteur que l’on sent très complice intellectuellement du réalisateur. «Il est le gardien ambigu de ce lieu où survivent deux sœurs à travers le temps. Il les suit à la trace et collectionne les débris humains qu’elles laissent derrière. Un nécrophile qui collectionne les morts en somme. Il se rattache un peu à la longue galerie de personnages des histoires de musée de cire, avec ce coté esthétique et morbide. Mais peut-être que faire des collections a quoi quelque chose de morbide : c’est la conservation du passé, de ce qui a été vivant et ne l’est plus».
Aux côtés de Bernard Charnacé, Simone Rollin contraste. Pas d’éloquence ou de maîtrise technique due à une longue expérience théâtrale, mais une insolite naïveté chez cette ancienne institutrice qui n’a jamais été actrice. C’est tout le système Rollin, qui brise les hiérarchies en mêlant professionnels aguerris et amateurs pour privilégier l’émotion sur la perfection. Forcément, comme toujours chez lui, on joue donc un peu faux. Mais le cinéaste balaie d’un revers de main le reproche habituel de ses détracteurs : «Je ne donne surtout pas d’indications à mes acteurs ! J’essaie seulement de leur faire comprendre les tenants et aboutissants de la situation dans laquelle ils se trouvent, quitte à être faux. Par exemple, le paroxysme de cette démarche a été atteint sur mon deuxième film, La Vampire nue : Maurice Lemaître parle faux d’un bout à l’autre. J’étais l’un des rares à trouver que ça passait très bien… Mais en réalité, Maurice Lemaître parle tout aussi faux dans la vie : il parlait donc vrai dans le film. Au cinéma, le vrai peut avoir l’air faux et inversement». Logique de miroir déformant qui non seulement sert le décalage onirique propre à l’univers du cinéaste, mais convient au sujet de ce film-ci : un théâtre populaire qui exacerbe les sentiments irrationnels de la terreur et du désir.
Collages surréalistes
Quelque temps après le tournage, et une première diffusion sous la forme d’un moyen-métrage d’une cinquantaine de minutes à la Cinémathèque de Toulouse, Jean Rollin décide début 2010 de transformer le film en long : «Au départ, j’avais imaginé un film d’une heure. Ce qui correspond au premier montage. On nous a fait remarquer qu’il ne fallait vraiment pas grand-chose de plus pour transformer le film en long-métrage normal. Et puis c’est vrai qu’un film d’une heure n’est pas aisément programmable. Je me suis donc lancé dans l’écriture d’une deuxième partie d’une vingtaine de minutes avec les mêmes personnages. On a alors basculé l’histoire dans un autre sens : la deuxième partie est beaucoup plus humoristique, moins sérieuse». Après l’étonnante greffe du mythe de la Gorgone à l’imaginaire du Grand Guignol, voilà un nouveau collage surréaliste, formel celui-là, qui renoue avec Le Viol du vampire et son étonnante structure en deux parties.
L’intrigue cette fois se concentre sur Sthéno qui, après s’être échappée du théâtre, se réfugie dans cet autre lieu de prédilection de Jean Rollin qu’est le cimetière du Père Lachaise. Interprétée avec sensibilité par Marlene Delcambre, celle-ci est la nouvelle incarnation de cette image récurrente qui traverse toute la filmographie du cinéaste : une jeune femme nue, virginale, presque enfantine, dont la pureté contraste avec le macabre des cimetières, cavernes, sous-sols où elle évolue. Eros et Thanatos revisités. Une obsession en forme de signature explique Rollin : «Pendant des années, j’ai dû mettre des femmes nues dans mes films pour satisfaire mes distributeurs. L’un d’entre eux me disait même ouvertement : « Je ne comprends rien aux films que vous faites, je les trouve mauvais, mais ils sont érotiques, donc ça plait, il y a un public pour ça ». Si je voulais continuer à faire des films avec ce distributeur, il fallait donc qu’il y ait ce côté exhibitionniste. Alors j’ai joué le jeu. Si dans mes premiers films j’ai vécu cela comme une contrainte, par la suite, j’y ai trouvé un intérêt : j’ai fini par considérer les filles nues qui m’étaient imposées comme un élément avec lequel je pouvais jouer, un peu comme Magritte ou Paul Delvaux : c`est à dire en m’éloignant d’un érotisme banal, en jouant la carte de la toute puissance d’évocation de la nudité féminine. Ça s’est discuté avec les producteurs. Je leur ai dit : « D’accord pour les filles nues, mais jamais dans un lit ». Un couple dans un lit ça ne m’intéressait absolument pas, même si j’ai été amené à faire ce genre de choses sous pseudonyme dans le X. Dans les films que je signais de mon nom, j’ai donc multiplié ces plans de femmes nues se promenant dans des cimetières, image que je trouvais authentiquement belle. Et c’est toujours le cas aujourd’hui, puisque je continue de travailler dans cette voie alors que je n’ai plus de comptes à rendre à qui que ce soit».
Hanté par la mort
La vision du film terminé révèle un cinéaste qui, s’il trace toujours le même sillon depuis ses débuts, a singulièrement fait évoluer sa démarche. Moins naïf et spontané, plus grave et intellectualisé, Rollin semble désormais hanté par l’idée de sa propre mort. Il l’avoue à demi-mot non sans une touchante sincérité, lorsqu’il jette un regard rétrospectif sur son parcours : «Le cinéma que je fais n’a plus sa place aujourd’hui. Les spectateurs sont de moins en moins nombreux, et les gens qui sont disposés à sortir ce genre de films également. Je tourne désormais à perte, en vidéo, sans espoir de recettes». C’était déjà de sa mort dont il s’agissait dans La Nuit des horloges, où les extraits de ses films anciens bouleversaient l’ordre des choses pour livrer une réflexion sur le thème de la mémoire et de sa transmission. Et c’est sous ce même angle qu’est conçu Le Masque de la Méduse. La gorgone devient ici une cousine éloignée du vampire : plutôt que de sucer le sang des vivants, elle aspire la mémoire de ses victimes. Une «buveuse d’âme» comme se plait à la qualifier Bernard Charnacé, citant Jean Lorrain, un auteur décadent français de la fin du XIXème siècle que lui et le réalisateur affectionnent tout particulièrement. La mort absolue réside-t-elle dans la perte de mémoire ? Les œuvres d’art – les statues pétrifiées laissées par Méduse – ne témoignent-elles pas de ce qui a été vivant, manière paradoxal de triompher de la mort ? Ainsi, à la manière de La Nuit des horloges, le générique de fin reprend le thème composé par Philippe d’Aram pour Fascination. Une réminiscence finalement optimiste, car derrière la gravité du propos, le plaisir du cinéaste n’est jamais loin : «J’adore revoir une scène que j’ai tournée intégrée dans une autre structure, réentendre un morceau de musique que j’ai utilisé dans un autre contexte». Mais le plaisir s’exprime au-delà de ce jeu d’autocitation : dans la manière par exemple de faire s’attarder la caméra sur les lieux insolites. Dans son film précédent, il y avait la très belle séquence de déambulation dans le Musée des écorchés à Florence, dont on trouve cette fois l’équivalent avec celle du Pavillon des serpents au Jardin des plantes. En admirateur revendiqué de Franju et de Buñuel, il laisse ici affleurer le fantastique en le traquant dans le réel, de manière presque documentaire, pour jouer le jeu de l’étrange réversibilité des apparences.

Tous les monstres de l’enfance
Infatigable et déterminé comme un de ces héros de serial des années 30 qui ne rend jamais les armes, Jean Rollin travaille aujourd’hui déjà à son prochain film : «Pour le moment le script n’est pas encore structuré : ce sont des scènes qui s’ajoutent les unes aux autres. C’est écrit un peu comme Requiem pour un vampire qui a longtemps été mon film préféré. Il me fallait alors très vite un scénario et je l’ai donc écrit sans réfléchir, au fil de la plume, en une soirée. J’avais un point de départ en tête – deux filles, habillées en clown, poursuivies en voiture – qu’il a fallu ensuite justifier : elles s’étaient évadées d’une fête de fin d’année dans une maison d’éducation surveillée, d’où le déguisement. Puis intervenait le fantastique de manière inattendue. C’était une démarche inédite pour moi, qui m’a donné beaucoup de plaisir à l’écriture, puis au tournage : c’est seulement en cours de route que je me suis par exemple aperçu qu’il n’y avait pas une parole prononcée la première heure… Ce nouveau film va donc s’écrire de la même manière, avec une succession de scènes, d’impressions. Il est possible que ça s’appelle La Fiancée du crocodile. Je ne sais si c’est un titre très commercial mais il me plait bien» révèle le cinéaste. Bernard Charnacé qui semble devenir le nouveau pilier incontournable de l’univers Rollin devrait être aussi de la partie : «C’est quelqu’un de très souple avec qui j’aime travailler. J’avais écrit le rôle du collectionneur tout spécialement pour lui. Je l’ai fait encore beaucoup plus précisément pour le prochain film. Cette fois, il joue un personnage bien réel : moi-même ! Il interprète en quelque sorte Jean Rollin, ce que je serai alors, ce que j’aurais pu éventuellement devenir. Je me suis amusé à placer des répliques qui pourraient être les miennes. Il habite chez moi : c’est donc là qu’on va filmer. Bien sûr, les choses ne seront pas explicites, mais ça se comprendra très bien».
Lorsqu’on lui demande ce qui finalement fait toute la cohérence de son œuvre en dépit de son illogisme apparent, du Viol du vampire au Masque de la Méduse en passant par la littérature, Rollin n’hésite pas une seconde : «Ça vient de ce premier film que j’ai vu enfant sur les boulevards, dans lequel tous les monstres de la Universal étaient réunis : Dracula, Frankenstein, le loup-garou, le savant fou, la femme bossue… C’était peut-être Frankenstein rencontre le loup-garou, ou bien La Maison de Dracula. Ma mère m’avait emmené le voir par erreur, pensant me montrer le western dont l’affiche trônait à l’entrée, en fait prévu pour la semaine suivante. Je ne savais pas que de telles choses pouvaient exister et j’ai été absolument terrifié. Le souvenir de ce film m’a longtemps hanté. J’ai un mis un tiers de ma vie à le retrouver. Ce goût pour l’épouvante et pour tout ce qui va avec – les jeux d’ombre et de lumière propre à l’expressionnisme par exemple – a nourri depuis tous mes films. Pour citer Cocteau, j’ai éprouvé ce jour là «la peur de rencontrer le monstre et le désir fou de l’apercevoir».
Ce qui mène effectivement tout droit à Méduse, la terrible gorgone… Belle preuve de constance qui mérite un grand coup de chapeau.

Propos recueillis par Nicolas Stanzick