LE ROYAUME DES ABYSSES

mercredi 7 février 2024

 

Catégorie(s):

Extrait:
SORTIE : 21 FÉVRIER 2024

SORTIE À VENIR

LE ROYAUME DES ABYSSES

Ou comment traverser les ténèbres

****

 

(Shēnhǎi) Chine. 2023. Réal. et scén.: Tian Xiaopeng. Prod.: Yi Qiao (October Media Beijing). Photo : Cheng Mazhiyuan. Déc.: Yin Hongyu. Mus.: Dou Peng. Son : Wang Chong. Mont.: Lin Aner. 1h52. Avec les voix originales de : Wang Tingwen, Su Xin, Teng Kuixing, Yang Ting, Ji Jing et Fang Taochen. Avec les voix françaises de : Maxime Van Santfoort, Pierre Bodson, Aaricia Dubois, Cécile Florin, Séverine Cayron, Frédéric Clou. Dist : KMBO.

 

Shenxiu, 10 ans, ne s’est toujours pas remise du départ de sa mère qui a laissé de profondes cicatrices dans son esprit. Son père s’est remarié et ne s’intéresse plus qu’au bébé qu’il a eu avec sa nouvelle femme. En croisière en famille, pendant une forte tempête, Shenxiu tombe dans l’océan. Elle y découvre un monde sous-marin féérique, à la fois envoûtant et effrayant, peuplé de créatures étranges, dont le Pokulus qui pourrait l’aider à retrouver sa maman. On comprend très vite que toute l’histoire est vécue par une petite fille qui lutte contre la dépression…

L’univers créé par Tian Xiaopeng (Monkey King : Hero is Back, 2015) foisonne d’indices, de symboles et de métaphores – parfois obscurs – qui la ramènent à sa vie ou à ses cauchemars et donc à ses entraves émotionnelles extérieures et intérieures : les morses Lao Jin et Ahua, la loutre Tangdou, le Pokulus, le Fantôme rouge ou encore Nanhe qui, lui, représente l’aide sans qui on ne peut affronter le monde ni vaincre les ténèbres. Le dernier acte, qui permet de voir de nombreux éléments du film sous un jour nouveau, est déchirant. Déprimante au premier abord, cette œuvre s’avère toutefois riche d’humour et d’espoir. Il aura fallu sept ans à Tian Xiaopeng pour réaliser Le royaume des abysses. L’émotion de son long-métrage, qui n’est pas sans rappeler Le château ambulant ou Le voyage de Chihiro, naît de son histoire bouleversante, de la magnifique musique de Dou Peng et des images époustouflantes. Fusionnant l’impressionnisme de la peinture chinoise à l’encre avec le réalisme de l’animation par ordinateur, le réalisateur a donné naissance à un univers aquatique fantaisiste fait de couleurs vives et flamboyantes, qui contraste avec le monde réel terne et gris. Le résultat visuel n’est qu’émerveillement et poésie.

 

VÉRONIQUE TROUILLET