Les mondes de Star Wars (lire ci-dessous)

lundi 5 novembre 2007

 

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Les mondes de Star Wars Avec « La Guerre des Étoiles », George Lucas a réalisé l’une des fresques les plus célèbres de l’Histoire du Cinéma et jeté les bases d’un univers qu’il n’a cessé d’étoffer et de développer tout au long des différents opus de la saga. Il poussera le souci de cohérence jusqu’à […]

Les mondes de Star Wars

Avec « La Guerre des Étoiles », George Lucas a réalisé l’une des fresques les plus célèbres de l’Histoire du Cinéma et jeté les bases d’un univers qu’il n’a cessé d’étoffer et de développer tout au long des différents opus de la saga. Il poussera le souci de cohérence jusqu’à retoucher chaque nouvelle version afin d`entretenir une continuité au sein de ce monde virtuel. En moins de trois décennies, une mythologie moderne a pris forme grâce aux films mais aussi à un nombre important de sources annexes qui sont venues enrichir l’histoire et l`environnement de « Star Wars ».

Petit tour d’horizon d’une nouvelle mythologie

La Guerre des Étoiles se situe dans la veine du space-opéra dont la saga comporte les divers éléments : action, souffle épique et grands sentiments, batailles spatiales, armes fabuleuses (L’Étoile Noire), mondes lointains, races extraterrestres et lutte du Bien contre le Mal. Un Nouvel Espoir débute comme un serial classique, avec le déroulement du résumé, puis s`inscrit la magnifique séquence d’ouverture illustrant la poursuite de la navette consulaire de la princesse Leïa par l’immense stardestroyer de Dark Vador, qui aura fasciné une grande partie du public lors de la sortie du film. Les péripéties s’enchaînent sans temps mort, et transportent le spectateur dans des lieux multiples (planètes, vaisseaux, souterrains, palais, bars malfamés) propices à susciter l’émerveillement et le dépaysement mais aussi à donner une touche de réalisme à l’univers qui sert de toile de fond aux aventures des protagonistes.
Ainsi, derrière l’apparente simplicité du premier opus, Un Nouvel Espoir, critiqué à sa sortie pour la minceur de ses personnages et de son intrigue, Lucas a su créer un univers vaste et riche, plein de bruit et de fureur, empli de créatures étranges, servi par une esthétique somptueuse due au travail d’une équipe d’artistes et de techniciens remarquables. Des virtuoses qui ont su retranscrire sur grand écran les visions de Lucas en générant des mondes et des aliens multiples au service de l`histoire et apporter profondeur et crédibilité à l’ensemble. En effet, si la technique a considérablement évolué depuis le premier opus, avec notamment le recours à l’animation assistée par ordinateur, la place laissée aux personnages et à l’émotion demeure privilégiée. C’est aussi en cela que réside le charme de cette saga.
Aux films s’est ajoutée une riche mine d’informations sur la mythologie de La Guerre des Étoiles qui nous permet d’avoir une vue d’ensemble de l’histoire développée, de la fondation de la galaxie à la naissance de L’Empire en passant par la création de l’Ordre Jedi et la chute de l’Ancienne République (bien avant l`avènement de la prélogie). En outre, un grand nombre de renseignements relatifs aux personnages sont diffusés par le truchement de ces sources (livres, encyclopédies, BD, jeux), venues éclairer les zones d’ombre persistantes entre les différents épisodes.

Il y a bien longtemps dans une lointaine galaxie…

Avec Un Nouvel Espoir, nous prenons connaissance des fondations et du point de départ de la saga. L’action est concentrée sur quelques lieux (Tatoine et l’Étoile de la Mort entre autres) mais nous devinons que la galaxie concernée est immense, composée de multiples mondes et créatures étranges, et que nous sommes au cœur d’un vaste conflit opposant l’Empire régnant, incarné par son imposante flotte spatiale et quelques dirigeants de premier rang dont le saisissant Dark Vador, à des insurgés, les Rebelles. L’intrigue rapidement dressée (notamment lors de la scène d’ouverture avec la capture de la princesse Leïa et la fuite de R2-D2 et C-3PO), l’action nous entraîne sur les traces mouvementées d’un jeune fermier, Luke Skywalker, et de son nouveau mentor, Obi-Wan Kenobi, membre d’une ancienne confrérie disparue, les Chevaliers Jedi. Les bases de l’univers en gestation sont là et les aventures de Luke nous entraînent à la découverte de planètes diverses et de nouveaux personnages, alliés ou adversaires, dont certains se révèlent très charismatiques comme Han Solo (campé par un fougueux Harrison Ford).
Au gré des épisodes ultérieurs, l’univers de Star Wars gagne en complexité tout en demeurant cohérent. L’évolution est visuelle et géographique, chaque opus s’attardant plus particulièrement sur certains lieux, déjà connus ou nous en faisant découvrir de nouveaux, contribuant ainsi à enrichir l’ensemble. Chaque race, chaque planète présente des différences, parfois notables, et, tout en servant de toile de fond au récit, dévoilent la diversité et la richesse de la galaxie et des cieux traversés. En effet, si les planètes et les créatures imaginées offrent un dépaysement total, la vision de l’espace intersidéral, abîme obscur et géant pailleté d’étoiles, fait naître un double sentiment d’immensité et d’inconnu.
Il était cependant difficile de décrire, dans la limite de temps imposé à l`écran, toutes les régions de la galaxie en développant les différentes luttes de pouvoir qui s`y déroulaient. Aussi, si la galaxie de Star Wars est composée de centaines d’étoiles et de planètes, l’action se concentre, lors de chaque opus, dans quelques lieux. Les mondes visités doivent être immédiatement identifiables et en conséquence chaque planète, chaque lieu (la cantina de Mos Eisley, l’intérieur de l’Étoile Noire, le Temple Jedi par exemple) présente des caractéristiques spécifiques qui autorisent une reconnaissance immédiate. C’est là que le talent de l’équipe artistique et des techniciens (dont Ryan Church, Robert Barnes, Doug Chiang, Erik Tiemens, ou encore Ian McGaig sans oublier les artisans de la trilogie classique), issus pour la plupart d’I.L.M., intervient et permet de donner à tous ces lieux une identité spécifique. Généralement George Lucas a des idées visuelles assez précises que le travail de ses équipes vise à matérialiser à l’écran. Pour cela, toute une technologie est mise à contribution comme l’animation par ordinateur, la technologie digitale ou encore les caméras dites “intelligentes”.

Des univers en évolution

La trilogie classique nous offrait des mondes épurés qui se caractérisaient surtout par un élément : Tatoine est une planète aride, balayée par les rayons brûlants de deux soleils, située aux marches de l’Empire, ce qui explique qu’elle abrite de nombreuses zones de non-droit comme Mos Esley. La glace et la neige recouvrent Hoth, où se trouve la base des Rebelles, et Dagobah, qui est devenue le refuge de Yoda, est une planète isolée, envahie de marais brumeux grouillants d`animaux aquatiques et d’insectes, où aucune technologie ne semble s’être développée (L’Empire contre-attaque). La maison de Yoda est d’ailleurs en adéquation avec son environnement : le mobilier est construit avec de l’argile et du bois et le maître Jedi y vit modestement. Quant à Endor (Le Retour du Jedi), c’est une planète luxuriante qui abrite les Ewoks répartis dans des villages construits dans des arbres, au sein de forêts denses, et reliés entre eux par des plates-formes suspendues.
Les mondes dévoilés par la trilogie classique semblent pauvres, technologiquement peu développés et souvent inhospitaliers. Ce parti pris résulte visiblement de deux causes. D’une part, ces planètes se situent aux marches de l’Empire (Tatoine, Hoth, Bespin, la Cité des Nuages) et elles constituent des refuges parfaits pour les hors-la-loi, mercenaires et autres quidam soucieux d`échapper à la police de l‘Empire comme Yoda et Obi-Wan Kenobi. En effet, trois zones composent la galaxie que nous connaissons au travers des films et des sources annexes ; elles sont désignées en fonction de leur situation par rapport au centre de la galaxie. Il y a le Noyau central (constitué notamment par Coruscant, le monde capital de l’Ancienne République puis cœur de l’Empire), la bordure moyenne et la bordure extérieure, située aux frontières de l’Empire.
La bordure extérieure est la zone la plus désolée de la galaxie. Elle regroupe des planètes dénuées de rôle politique particulier et n’ont le plus souvent suscité aucun intérêt du pouvoir en place que ce soit celui de l’Empire ou de l’Ancienne République. À cet égard, Tatoine ne semble pas plus considérée politiquement dans La Menace Fantôme que dans Un Nouvel Espoir. La plus grande partie de l’action de la trilogie classique se situe sur des parties de la bordure extérieure. Le gouverneur de ces espaces n’était autre que le Grand Moff Tarkin (Peter Cushing), tué lors la bataille finale contre la première Étoile Noire (Un Nouvel Espoir).

La technologie du renouveau

D’autre part, les techniques de l’époque refreinaient la création de paysages très riches ou de constructions majestueuses à la conception élégante comme ceux de la prélogie. Ainsi, on peut dès La Menace Fantôme constater un changement, confirmé dans L’Attaque des Clones, tant au plan architectural que vestimentaire. Les palais de Naboo s’illustrent par leurs nombreux dômes et tours aux couleurs éclatantes, où dominent le vert et l’ocre, et la scintillante ville sous-marine des Gungas (dont le plus horripilant de ses habitants est Jar-Jar Binks), Otoh Gunga, située dans les profondeurs des lacs, est un ravissement pour les yeux. Les cités sur pilotis des Kaminoans émergent des eaux tourmentées et revêtent des tons pastels qui donnent à l’intérieur des habitations un aspect lumineux et glacé à la fois. Les sociétés dépeintes y apparaissent aussi plus sophistiquées, même lorsqu’elles appartiennent à la Bordure moyenne comme Naboo. Dans cette partie de la galaxie, on retrouve des planètes dont la situation n’est pas aussi extrême que celles de la Bordure extérieure mais qui demeurent cependant assez éloignées des sphères d’influence du Noyau central. On peut dire que ces planètes ne jouent qu’un rôle limité excepté en certaines circonstances comme Naboo dans La Menace Fantôme. Les vêtements aux lignes épurées des premiers opus (des tenues simples de Luke ou des Jawas, aux uniformes stricts des Rebelles et des officiers de l’Empire en passant par les robes dépouillées de la princesse Leia) ont été délaissés pour une foule de costumes chamarrés et baroques dont les plus extravagants demeurent ceux de la princesse Amidala, conçus par la talentueuse costumière Trisha Briggar. Seules les tenues des chevaliers Jedi demeurent modestes, ainsi qu`il sied à leur statut.
Enfin, le centre de la galaxie est constitué par le Noyau central, haut lieu du pouvoir d’où émergent Coruscant et Alderaan. Coruscant est la capitale planète de la République puis de l’Empire, considérée comme le “joyau des mondes du noyau”, et Aldéraan en est plutôt cœur culturel en raison de la protection qu’elle a toujours accordée aux arts et à l’éducation. Les membres de la famille royale Organa y régnaient. Ce sont eux qui avaient recueilli la princesse Leia enfant après la chute de la République. Cependant Alderaan fut détruite par l’Empire dans Un Nouvel Espoir. À sa place ne subsiste plus désormais qu’un vaste champ d’astéroïdes.
Coruscant est une planète totalement urbaine, submergée de villes constamment agrandies par des droides qui y travaillent nuit et jour. C’est à Coruscant que se trouve le siège du gouvernement et que s’élève le Temple Jedi. Les chevaliers Jedi sont, en effet, garants de la paix et leur localisation sur Coruscant vise à protéger le fonctionnement du gouvernement de la République et du Sénat Galactique. Une grande partie de la prélogie se déroule sur Coruscant alors que la capitale était pratiquement absente des autres opus. Si elle apparaît furtivement au terme du Retour du Jedi, cela ne résulte que d`une greffe de l’Édition spéciale de 1997 visant à montrer que la population générale de la galaxie célèbre la chute de l’Empire.
De nombreuses scènes des Épisodes I, II et III nous montrent la magnificence et la puissance de la cité : gratte-ciel majestueux et effilés, appartements luxueux, beauté austère des intérieurs du Temple Jedi. Coruscant se caractérise aussi par une grande activité humaine et matérielle et de nombreux plans tendent à nous montrer la densité de la circulation des vaisseaux (des airspeeders privés, aux imposants transports de passagers ou encore les taxis volants), les allées et venues des habitants et des nombreux droides. L`intensité de son trafic aérien s`impose lors de la folle course-poursuite de L’Attaque des Clones. La société est conçue selon un type de stratification verticale : les étages supérieurs abritent les classes les plus huppées et les principaux buildings. Dans les niveaux inférieurs, constamment balayés par un éclairage artificiel, des zones moins cossues abondent en night-clubs louches (comme Le Barbare) et hangars désaffectés, qui sont souvent les repaires des amateurs de sensations fortes, d’habitants en rupture de ban et de la pègre de la vile. C’est dans ces bouges qu`Obi-Wan et Anakin vont chercher des informations sur ceux qui ont tenté de tuer la princesse Padmé.
La Revanche des Sith nous conduira à faire connaissance avec une nouvelle planète, Kashyyyk, celle des Wookies, et ramènera brièvement au premier plan, Chewbacca. Le projet a été confié au concepteur illustrateur Ryan Church, déjà actif sur l’Épisode II, associé à un autre habitué des plateaux de Star Wars, Erik Tiemens. Au départ, Church penchait pour une planète des Wookies aux teintes et aux paysages lumineux, comme ceux d’Hawaï, mais l’équipe a peu à peu délaissé cet aspect pour s’orienter vers des couleurs plus froides et moins diversifiées. Ryan Church s’en explique : “Le résultat correspond davantage à l’aspect souhaité par George, qui veut faire la transition entre ce film et les Épisodes IV, V et VI où rien n’est véritablement brillant”. Ils ont cependant conservé le design sélectionné au préalable et qui se caractérise par un style d’habitations ne présentant pas d`angles droits mais de belles courbes. Les Wookies vivent dans des villes arboricoles et ont développé une haute technologie même si l’architecture de l`habitat semble au demeurant primitive.

Effacer l`outrage du temps

Lors de l’Édition spéciale de 1997, George Lucas était revenu sur les opus de la première trilogie pour conférer un plus grand sentiment de peuplement et d’animation à certains lieux, ajoutant aux scènes déjà filmées des créatures diverses et des engins motorisés. Il précise : “En écrivant Star Wars, j’ai donné libre cours à mon imagination mais seuls les épisodes 4, 5 et 6 et les contenus que j’y avais inclus pouvaient être réalisés alors. L’histoire de fond se déroulant quant à elle sur Coruscant et Naboo, il fallait montrer de nouvelles civilisations, ce que je n’aurais pas pu mettre en images, il y a vingt ans”. La Cité des Étoiles, Bespin, a connu une semblable opération de relookage, confirmant ainsi que certaines scènes réalisées avec les moyens de l’époque avaient laissé un goût d’inachevé au cinéaste. Les premiers plans de Mos Eisley, issus d’Un Nouvel Espoir, nous montraient des rues plutôt désertées où déambulaient quelques Stormtroopers, vision sur laquelle reviendra Lucas dans l’Édition spéciale afin de faire de Mos Eisley un lieu plus fréquenté. Dans le film restauré, la rue s’emplit de créatures – des Jawas et un Ronto – et un arrière-plan a été repeint pour moderniser les bâtiments et donner plus de profondeur à l’horizon. Cependant Lucas n’avait pas voulu aller jusqu’à enrichir les premiers opus d’une technologie semblable à celle des Épisodes I et II, sans doute parce qu’il songeait déjà à se rapprocher avec La Revanche des Sith des paysages moins flamboyants et des tenues plus simples de la trilogie classique.
Le troisième et dernier opus doit ainsi logiquement amorcer une transition entre La Revanche des Sith et Un Nouvel Espoir. Pour rallier ces deux visions, nous apprendrons (en fait, il s`agit plutôt de confirmation) que la longue Guerre des Clones a appauvri la plupart des planètes de la galaxie. C’est Doug Chiang qui a pris en charge le design de cet opus (comme des deux précédents) en vue de faire évoluer le look des films de la première trilogie vers celui de la trilogie classique.

Des aliens, des robots et des hommes

Une grande partie de l’intérêt et de la richesse de La Guerre des Étoiles, outre les développements de l’intrigue et l’attrait des personnages, réside dans la diversité des lieux qui permet l’alternance de scènes très différentes dans le ton (épiques, romantiques, dramatiques ou comiques) ou dans l’espace (se déroulant à l’air libre ou dans des lieux clos).Les opus nous entraînent aussi bien dans les arcanes du pouvoir, au sein du Sénat galactique, que sur des sites mal famés comme l’astroport de Mos Eisley dont Obi-Wan dira : “Cette ville est le repaire des malandrins les plus infâmes de toute la galaxie” (Un Nouvel Espoir).
Cette diversité de lieux implique nécessairement un foisonnement des espèces qui les peuplent, mais aussi des droides et des vaisseaux. Les droides (astromechs, unipode, de combat) et les robots ont quantité de rôles – entretien, fonctionnement, protocole (comme C-3PO) – et leurs variétés semblent infinies. Quant aux vaisseaux, indispensables à la navigation et à la guerre, ils se déclinent sur différentes gammes, civiles ou militaires, que l’on songe au célèbre Millénium Falcon, aux X-Wing ou encore aux immenses destroyers impériaux. Ils alimentent également un grand nombre de scènes d’action et de poursuites échevelées, dans l’espace comme dans des zones plus restreintes (la course de podracers) et permettent aux protagonistes de prouver leurs brillantes qualités de pilote (Han Solo, Anakin Skywalker notamment).
Tout concourt à donner à la saga l’image d’un univers en mouvement, à l’activité constante. À ce titre, La Guerre des Étoiles nous montre une galaxie non seulement très étendue mais aussi largement peuplée d’aliens où tous les modes d’organisation sont représentés (tribal, autoritaire, démocratique ; rural ou urbain). Chaque nouvel opus nous livre son lot de races et de créatures étranges ou dangereuses (les Wampas, le Rancor, les Rontos, les Vers de l’espace, etc.) ; l’équipe artistique donnant libre cours à son imagination pour créer les formes les plus insolites comme Jabba the Hutt, Sebulba, Wattoo ou encore le Général Grievous, être mi-organique mi-robot.
En dépit de cette diversité, George Lucas et son équipe ont su respecter une adéquation parfaite entre ces espèces et leur environnement. Leur apparence physique et leur mode d’organisation correspondent aux conditions de vie de leur milieu naturel, de façon à en préserver l`authenticité. Si la présence de ces créatures est nécessaire, elles ne doivent cependant pas apparaître comme de simples ornements destinés à créer dépaysement et étonnement. Aussi sont-elles dotées de particularités, généralement une ou deux, qui les distinguent et leur permettent d’interagir avec les personnages principaux tout en intégrant intelligemment l’intrigue. Les Hommes des Sables, farouches nomades, vivent dans le désert de Tatoine où ils pillent et enlèvent les habitants isolés, accentuant les dangers de cette région. Ce sont également eux qui provoquent l’accès de fureur d’Anakin Skywalker (Hayden Christensen) dans L’Attaque des Clones, alors que sa nature profonde commence à se dévoiler. Les Géonosiens arborant des formes d`insectes, vivent dans des ruches souterraines dissimulées dans les contreforts naturels du paysage. Les Neimodidiens se distinguent, non pas par un art de vivre particulier (qui demeure assez largement inconnu), mais parce qu’ils sont à la tête de la Fédération du commerce (La Menace Fantôme), démontrant que toutes ces espèces ne se contentent pas d’un rôle mineur dans la galaxie.

À la lueur des étoiles

Par ailleurs, les scènes de foule (la course de podracers, les cités) et celles qui se déroulent à bord de vaisseaux et dans des lieux particuliers (la cantina de Mos Eisley, le restaurant de Dexter, la barge de Jabba le Hutt, l’arène de Geonosis) confortent le sentiment de grande diversité des espèces qui peuplent les différents opus. Le combat dans l’arène (L’Attaque des Clones) est caractéristique de ce type de séquences qui soutient à la fois la progression de l’action, intensifie la trame narrative et met en vedette des créatures aux formes insolites conçues par les designers et les concepteurs de l’équipe artistique des studios I.L.M. : l’Acklay, sorte de version géante de la mante religieuse, le Nexu, qui s’apparente à un fauve aux dents effilées, ou encore le puissant et lourd Reek dont la corne frontale peut égorger un adversaire.
Créée voilà bien plus de vingt ans, la saga de La Guerre des Étoiles a, au fil des ans, édifié une nouvelle mythologie qui a accompagné les spectateurs, dépaysant jeunes et moins jeunes au gré de péripéties mouvementées, nous entraînant toujours plus profondément dans une galaxie très lointaine.

Élisabeth Campos et David Raynaud