LES VISITEURS 3 : la critique (voir ci-dessous)

vendredi 8 avril 2016

 

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L’avis de L’Écran Fantastique. LES VISITEURS – LA RÉVOLUTION Une révolution ? Non, sire, une redite… France. 2016. Réal.: Jean-Marie Poiré. SORTIE : 6 AVRIL 2016 * Ce « troisième » volet des Visiteurs – en ce sens qu`il fait l`impasse sur le chapitre américain – pose la sempiternelle question de l`intérêt de proposer une autre vision […]

L’avis de L’Écran Fantastique.

LES VISITEURS – LA RÉVOLUTION
Une révolution ? Non, sire, une redite…

France. 2016. Réal.: Jean-Marie Poiré.
SORTIE : 6 AVRIL 2016

*

Ce « troisième » volet des Visiteurs – en ce sens qu`il fait l`impasse sur le chapitre américain – pose la sempiternelle question de l`intérêt de proposer une autre vision d`un succès cinématographique, sous quelque forme qu`elle soit (suite, préquelle, spin-off, remake…). Le film de Poiré et Clavier de 1993 est entré dans les annales de l`Histoire du cinéma français avec plus de 13 millions d`entrées, et a donc logiquement enfanté toute une série de « produits dérivés » pour tirer le plus longtemps possible profit de la poule aux œufs d`or. Les Couloirs du temps s`était cependant imposé en 1998 comme l`une des plus mauvaises suites imaginables, du casting au scénario, mais qui a pourtant eu un succès notable en salles. Voici donc, près de vingt ans plus tard, une autre plongée dans l`humour franchouillard de commande, qui manque tout ce que l`original avait réussi, tombant sans cesse dans l`ornière de la blague scatologique, corporelle et de mauvais goût, sans jamais parvenir à tenir l`équilibre du premier – dû en partie à l`opposition premier degré, naïf et généreux du personnage de Valérie Lemercier. Le côté affreux, sales et méchants tourne à vide, et l`autre ressort comique éprouvé – l`anachronisme – nous ressert les mêmes ficelles que le premier. La « découverte » de l`égalité des droits de l`Homme par Jacquouille ne fonctionne guère plus, lui qui a connu le XXe siècle, et le besoin impérieux de revenir au Moyen-Âge n`est guère qu`un prétexte n`arrivant jamais à conclusion.
Le plus triste dans ce film est son aspect fauché : comment parvenir à recréer la Révolution française, les hordes de soldats républicains, la cohue dans Paris et l`agitation populaire avec au mieux dix figurants ? En usant et abusant des plans serrés. On se retrouve donc collé-serré aux acteurs, ce qui n`est guère plaisant quand il s`agit de plus de gaillards malpropres et puants comme Godefroy de Montmirail et son palefrenier. Et les seconds rôles, incarnés notamment par des actrices aussi recommandables que Karin Viard et Sylvie Testud, ne sont que des caricatures n`ouvrant la voie à aucune pique originale. Cet aspect étriqué et chiche se retrouve dans le scénario lui-même, qui ne se sert pas des événements de la Révolution – une époque pourtant riche et connue des Français ! – pour offrir des plaisanteries nouvelles, se contentant de la fainéantise du recyclage – le « Okay ! » se retrouvant traduit par « Hourra ! C`est plus laïque ! », répété à l`envi, jusqu`à la nausée, sans jamais tirer le moindre rire dans la salle. Les Visiteurs – la Révolution fait craindre le pire pour les années à venir.

Yann LEBECQUE