Notre critique : SUICIDE SQUAD

jeudi 4 août 2016

 

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Quand les méchants deviennent (presque) bons SORTIE : 3 août 2016. **** Ils croupissent en prison à vie. Pour des centaines d’attaques à main armée et meurtres en tout genre. Qui ça ? D’abord Deadshot, tueur à gage, tireur infaillible dont les armes sont soudées à ses poignets. Ou Harley Quinn, blonde sulfureuse, ex-psychiatre que […]

Quand les méchants deviennent (presque) bons

SORTIE : 3 août 2016. ****

Ils croupissent en prison à vie. Pour des centaines d’attaques à main armée et meurtres en tout genre. Qui ça ? D’abord Deadshot, tueur à gage, tireur infaillible dont les armes sont soudées à ses poignets. Ou Harley Quinn, blonde sulfureuse, ex-psychiatre que son patient, nul autre que le Joker, a détournée du droit chemin au point de l’en rendre amoureuse. Ou Killer Croc, monstre écailleux genre la Chose. Et encore El Diablo, pas celui des X-Men, mais qui peut déchaîner des gerbes de feu à faire rôtir un immeuble. Tous ceux-là et quelques autres sont tirés de leur geôle hyper-sécurisée par Amanda Waller, agente du gouvernement, parce que, ainsi qu’une des première phrase du film le précise: «Le monde a changé lorsque Superman a commencé à sillonner les cieux. Et il a changé de nouveau lorsqu’il a cessé». Clin d’œil – il y en aura bien d’autres, comme l’apparition-éclair de Ben Affleck en qui-vous-savez – à «Batman v Superman», où l’invulnérable homme d’acier meurt… enfin, pas pour toujours. Ce qui, dans la présente fiction, engrène sur la nécessité de trouver de nouveaux sauveurs de la planète. Car voilà que vient de surgir une antique déesse, Enchantress, laquelle récupère son cœur enfermé dans une boîte, et peut alors réveiller son frère, un colossal demi dieu du nom de Slipknot, ces deux-là ne voulant rien moins que détruire la Terre. Et il faut croire que les super-héros ne doivent pas courir les rues puisque ce sont nos super-méchants qu’on va mander. C’est cette galerie de vilains qui est le meilleur du film, en premier lieu Deadshot, où Will Smith, oublié ses récents égarements dans des blockbusters douteux, retrouve sa silhouette de rappeur tout en muscles, mais aussi Harley Quinn (Margot Robbie), sculpturale dans son mini-short fluo, belle comme une déesse malgré son rouge à lèvre qui bave, sait se servir de sa batte de base-ball mieux que Joe Di Maggio et rappelle comme une sœur la Darryl Hannah répliquante acrobate de «Blade Runner». Sans oublier le Joker, ici presque fréquentable, et où Jared Leto, au maquillage discret malgré ses dents d’acier, ferait oublier Jack Nicholson et Heath Legder. Ceci précisé, inutile une fois de plus parler des batailles urbaines aux jets laser qui jaillissent des paumes, ces empoignades de titans où tout s’écroule autour d’eux, ni pointer la légère incongruité, alors que le couple de méchants est en train de “réduire le monde en miettes“ (on voit un satellite se désintégrer et un porte-avion exploser) qui consiste à nous montrer, sur le terrain, tous ces colosses aux pouvoir exceptionnels se cogner dessus à coups de poings. Plus originaux sont les moments d’intimité, comme lorsque Deadshot donne une leçon de mathématique à sa fille de onze ans qu’il adore, et lui évoque comme exemple la trajectoire d’une balle qui doit “tenir compte de la courbure de la planète”. Ou quand Harley embrasse fougueusement le Joker, chacun croyant l’autre mort. L’humour enfin n’est pas en reste, ainsi de l’increvable Amanda Waller accordant à la bande, pour service rendu au monde, dix ans de réduction de peine ! Voilà un film frère de «Deadpool», aussi dynamique que drôle, et significatif du fait, après le déjà nommé «Batman v Superman» et en attendant la «Justice League», que les productions D.C. continuent à grignoter le territoire Marvel qu’on croyait indéracinable.

Jean-Pierre ANDREVON