PAUL NASCHY (témoignage personnel) (voir ci-dessous)

jeudi 3 décembre 2009

 

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Extrait:
Deux ans après avoir visionné « La marca del hombre-lobo » lors de mon premier séjour à Madrid, j`ai rencontré à Paris, en 1970, Paul Naschy, pour un film français de vampires, signé Philippe Brottet, qui ne s`est finalement jamais fait, le tournage ayant été interrompu faute de financement. Ce fut mon premier reportage sur Paul Naschy, […]

Deux ans après avoir visionné « La marca del hombre-lobo » lors de mon premier séjour à Madrid, j`ai rencontré à Paris, en 1970, Paul Naschy, pour un film français de vampires, signé Philippe Brottet, qui ne s`est finalement jamais fait, le tournage ayant été interrompu faute de financement.

Ce fut mon premier reportage sur Paul Naschy, pour la revue espagnole Terror Fantastic, qui a donc publié une interview sur un film n`existant pas ! (il s`agissait d`une preview).

De cette insolite rencontre date notre amitié. J`ai eu l`occasion ensuite de faire connaître au public français Jacinto Molina, en présentant certains de ses films au Festival International de Paris du Film Fantastique et de Science-Fiction, et en l`invitant à diverses reprises.

Sa première venue, en 1973, sera couronnée de succès, puisqu`il obtiendra le prix d`interprétation (méritée) pour sa remarquable composition dans le rôle-titre de « El Jorobado de la morgue » (cette année-là fut également projeté « El grand amor del conde Dracula », les deux étant signés Javier Aguirre).

Son 3e film en tant que réalisateur, « El Caminante », fut projeté en avant-première mondiale à notre festival, et les critiques remarquèrent les qualités de réalisation (et d`interprétation) de Paul Naschy.

Le dernier film que j`ai vu de lui, et le dernier sur lequel on a publié un reportage dans L`Ecran Fantastique, fut « Rojo Sangre », en 2OO4. Il a participé depuis à une demi-douzaine de longs-métrages et j`étais très heureux de voir que, jusqu`au bout, après 41 ans de carrière ou plus, et une existence parfois peuplée de drames (notamment les menaces d`enlèvement de son fils), il continuait) être sollicité et à oeuvrer dans une profession qui le passionnait.

A ce titre, Paul Naschy est sans doute unique. Car non seulement il aura incarné un nombre incroyable de personnages (outre son très populaire loup-garou Waldemar Daninsky, il campera le comte Dracula, le docteur Petiot, le bossu Gotho, la momie, Mr Hyde, le monstre de Frankenstein, le fantôme de l`Opera, etc), mais il a cumulé une carrière de romancier, scénariste, réalisateur et producteur. Durant l`âge d`or du cinéma fantastique espagnol (1968 – 1976), il en fut le plus efficace représentant, voir son initiateur. En tout cas, il l`incarna à lui seul.

J`ai connu personnellement les grands comédiens du cinéma fantastique tels Peter Cushing, Vincent Price ou Christopher Lee. Dans mon esprit, Paul Naschy en faisait partie. Mais jamais je n`ai rencontré un comédien aussi passionné que lui par le genre qu`il représentait et défendait.

Dans la vie, Jacinto était quelqu`un de très agréable, d`un abord direct, simple, toujours de bonne humeur et fourmillant d`anecdotes amusantes. Il avait beaucoup d`ambitions et ne se décourageait jamais.

Mon meilleur souvenir avec lui demeurera probablement le soir où je lui ai présenté Peter Cushing, et où j`ai vu, d`un seul coup, Paul Naschy redevenir un petit enfant face à son idole. Je ne l`ai hélas pas revu depuis longtemps, mes séjours en Espagne s`étant espacés, mais j`ai toujours suivi sa carrière, et notamment par l`intermédiaire de son fils, lui aussi actif dans la même profession, et auquel vont mes pensées, ainsi qu`à sa mère.

Avec Paul Naschy, c`est toute une époque qui disparaît, celle d`un cinéma gothique efficacement accommodé à la sauce ibérique.

A l`heure où va bientôt apparaître sur les écrans une nouvelle version du « Wolfman » inspiré par le classique de l`Universal de 1941,je ne peux m`empêcher de penser plus que jamais au Waldemar Daninsky imaginé, en fan respectueux de Lon Chaneyr Jr. et de Jack Pierce, son maquilleur, par Paul Naschy. En constatant une évidence à mes yeux : le loup-garou de Jacinto Molina a toujours surpassé son modèle, parce que son interprète lui a insufflé dynamisme et conviction. Ce n`est pas le moindre mérite et le moindre exploit de notre regretté ami.

Alain Schlockoff

3 décembre 2OO9

Deux ans après avoir visionné « La marca del hombre-lobo » lors de mon premier séjour à Madrid, j`ai rencontré à Paris, en 1970, Paul Naschy, pour un film français de vampires, signé Philippe Brottet, qui ne s`est finalement jamais fait, le tournage ayant été interrompu faute de financement.

Ce fut mon premier reportage sur Paul Naschy, pour la revue espagnole Terror Fantastic, qui a donc publié une interview sur un film n`existant pas ! (il s`agissait d`une preview).

De cette insolite rencontre date notre amitié. J`ai eu l`occasion ensuite de faire connaître au public français Jacinto Molina, en présentant certains de ses films au Festival International de Paris du Film Fantastique et de Science-Fiction, et en l`invitant à diverses reprises.

Sa première venue, en 1973, sera couronnée de succès, puisqu`il obtiendra le prix d`interprétation (méritée) pour sa remarquable composition dans le rôle-titre de « El Jorobado de la morgue » (cette année-là fut également projeté « El grand amor del conde Dracula », les deux étant signés Javier Aguirre).

Son 3e film en tant que réalisateur, « El Caminante », fut projeté en avant-première mondiale à notre festival, et les critiques remarquèrent les qualités de réalisation (et d`interprétation) de Paul Naschy.

Le dernier film que j`ai vu de lui, et le dernier sur lequel on a publié un reportage dans L`Ecran Fantastique, fut « Rojo Sangre », en 2OO4. Il a participé depuis à une demi-douzaine de longs-métrages et j`étais très heureux de voir que, jusqu`au bout, après 41 ans de carrière ou plus, et une existence parfois peuplée de drames (notamment les menaces d`enlèvement de son fils), il continuait) être sollicité et à oeuvrer dans une profession qui le passionnait.

A ce titre, Paul Naschy est sans doute unique. Car non seulement il aura incarné un nombre incroyable de personnages (outre son très populaire loup-garou Waldemar Daninsky, il campera le comte Dracula, le docteur Petiot, le bossu Gotho, la momie, Mr Hyde, le monstre de Frankenstein, le fantôme de l`Opera, etc), mais il a cumulé une carrière de romancier, scénariste, réalisateur et producteur. Durant l`âge d`or du cinéma fantastique espagnol (1968 – 1976), il en fut le plus efficace représentant, voir son initiateur. En tout cas, il l`incarna à lui seul.

J`ai connu personnellement les grands comédiens du cinéma fantastique tels Peter Cushing, Vincent Price ou Christopher Lee. Dans mon esprit, Paul Naschy en faisait partie. Mais jamais je n`ai rencontré un comédien aussi passionné que lui par le genre qu`il représentait et défendait.

Dans la vie, Jacinto était quelqu`un de très agréable, d`un abord direct, simple, toujours de bonne humeur et fourmillant d`anecdotes amusantes. Il avait beaucoup d`ambitions et ne se décourageait jamais.

Mon meilleur souvenir avec lui demeurera probablement le soir où je lui ai présenté Peter Cushing, et où j`ai vu, d`un seul coup, Paul Naschy redevenir un petit enfant face à son idole. Je ne l`ai hélas pas revu depuis longtemps, mes séjours en Espagne s`étant espacés, mais j`ai toujours suivi sa carrière, et notamment par l`intermédiaire de son fils, lui aussi actif dans la même profession, et auquel vont mes pensées, ainsi qu`à sa mère.

Avec Paul Naschy, c`est toute une époque qui disparaît, celle d`un cinéma gothique efficacement accommodé à la sauce ibérique.

A l`heure où va bientôt apparaître sur les écrans une nouvelle version du « Wolfman » inspiré par le classique de l`Universal de 1941,je ne peux m`empêcher de penser plus que jamais au Waldemar Daninsky imaginé, en fan respectueux de Lon Chaneyr Jr. et de Jack Pierce, son maquilleur, par Paul Naschy. En constatant une évidence à mes yeux : le loup-garou de Jacinto Molina a toujours surpassé son modèle, parce que son interprète lui a insufflé dynamisme et conviction. Ce n`est pas le moindre mérite et le moindre exploit de notre regretté ami.

Alain Schlockoff