Sortie aujourd’hui : CONAN voir la critique ci-dessous :

mercredi 17 août 2011

 

Catégorie(s):

Extrait:
CONAN O Après les remakes de Massacre à la Tronçonneuse et de Vendredi 13, Marcus Nispel s’attaque cette fois à l’une des figures héroïques les plus puissantes de tous les temps, Conan le Barbare, crée par Robert E. Howard dans les années 30. Si la version culte de 1982 de John Milius, écrite à quatre […]

CONAN O

Après les remakes de Massacre à la Tronçonneuse et de Vendredi 13, Marcus Nispel s’attaque cette fois à l’une des figures héroïques les plus puissantes de tous les temps, Conan le Barbare, crée par Robert E. Howard dans les années 30. Si la version culte de 1982 de John Milius, écrite à quatre mains avec Oliver Stone et qui lança véritablement la carrière internationale d’Arnold Schwarzenegger, n’était pas l’une des visions des plus fidèles de l’œuvre, la version en 3D du réalisateur allemand est quant à elle indigeste, sombrant dans la violence frontale non-stop, mêlée à des décors qui apparaissent factices. Bien que l’histoire suive les aventures de Conan à travers le continent d`Hyboria, en quête de vengeance suite au meurtre de son père (Ron Perlman) et du massacre de son village, les scénaristes réduisent la représentation homérique, la mythologie et la psychologie du héros et de son passé mythique à une insupportable succession de combats aussi sanglants qu’expéditifs. Du scénario sans réflexions ni enjeux à la réalisation désincarnée et graphique, Nispel ne fait preuve d’aucune originalité dans l’imagerie, ne crée aucune empathie, ni émotion ni sentiment. Il filme sans discontinuer, pendant toute la durée du métrage, une véritable boucherie dans des plans rapprochés découpés de manière brouillonne, ce qui rend les scènes d’action incompréhensibles, amplifiées par des bruitages assourdissants et une bande son agressive de Tyler Bates, le tout dans une 3D fatigante. Là où Schwarzenegger donnait à son personnage grandeur et splendeur grâce à un jeu monolithique et distancié, Jason Momoa ne dégage rien. Si le choix de cet acteur peut paraître cohérent compte tenu de ses précédents rôles barbares dans les séries TV «Stargate Atlantis» ou encore dans «Game of Thrones», il s’avère que l’interprétation de Leo Howard en jeune Conan – expert en arts martiaux qui a effectué lui-même ses cascades dans le film – offre dans les quinze premières minutes bien plus de charisme, de profondeur et de présence que le héros adulte. On retiendra également le court passage de Ron Perlman, chef des Cimmériens, ainsi que le jeu venimeux de Rose McGowan, succube mi-sorcière mi-humaine et fille de l’antagoniste Khalar Zym (Stephen Lang). A l’arrivée, Nispel ne rend pas hommage au héros cimmérien entré dans l’imaginaire collectif grâce à Schwarzenegger et n’apporte rien au genre heroic-fantasy auquel John Milius était parvenu à donner ses lettres de noblesse.

Nathalie Dassa