STAR TOURS & AUTRES ATTRACTIONS DE GEORGE LUCAS

lundi 5 novembre 2007

 

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STAR TOURS & AUTRES ATTRACTIONS DE GEORGE LUCAS Depuis une vingtaine d’années, les réalisateurs des plus gros succès du box-office conçoivent également des attractions pour les parcs à thème. Si Steven Spielberg s’est associé à Universal, George Lucas, lui, réserve ses ambitieuses créations aux parcs Disney. Une fascination pour Disneyland qui remonte à l’enfance À […]

STAR TOURS & AUTRES ATTRACTIONS DE GEORGE LUCAS

Depuis une vingtaine d’années, les réalisateurs des plus gros succès du box-office conçoivent également des attractions pour les parcs à thème. Si Steven Spielberg s’est associé à Universal, George Lucas, lui, réserve ses ambitieuses créations aux parcs Disney.

Une fascination pour Disneyland qui remonte à l’enfance

À dix ans, George Lucas était le parfait prototype du mauvais élève : distrait, paresseux, tapi derrière son pupitre au fond de la classe. Un beau jour, en désespoir de cause, son père lui promet de l’emmener passer une semaine à Disneyland si les notes de son prochain carnet s’élèvent enfin au-dessus de la moyenne. Un déclic se produit et le miracle tant espéré a lieu ! George déploie de gros efforts et au terme du trimestre, toute la famille Lucas se rend à Disneyland. Plus qu’un moment de détente, cette découverte du parc est une véritable révélation pour l`enfant. Des mondes imaginaires prennent vie sous ses yeux grâce à des effets spéciaux révolutionnaires et aux tout premiers personnages “Audio-animatronics” jamais construits. Lucas comprend alors le pouvoir des trucages : rendre crédible l’impossible. L’influence de Disneyland sur le réalisateur/producteur sera durable. On peut d’ailleurs s’amuser à en retrouver les traces dans son œuvre : l’aire exotique d’Adventureland préfigurait les aventures d’Indiana Jones, tandis que les attractions de Tomorrowland (le pays de demain) annonçaient déjà les voyages spatiaux en vision subjective de Star Wars. Une des attractions favorites du jeune Lucas, Rocket to the Moon, simule un aller-retour de la terre à la lune. Les visiteurs pénètrent dans une « fusée » et s`asseyaient dans un amphithéâtre entourant deux écrans ronds, l`un aménagé dans le sol, l`autre dans le plafond. Les deux points de vue conjugués, quelques vibrations et les mouvements des fauteuils simulent le décollage de la fusée et son atterrissage sur notre satellite ! Quant à Space Mountain, la montagne russe permettant de zigzaguer dans le noir absolu en évitant de justesse des météores, elle trouve un prolongement direct dans L’Empire contre-attaque lorsque le vaisseau de Han Solo pénètre à toute allure dans un champ d’astéroïdes ! La visite de Disneyland a un tel impact sur la suite de la scolarité de Lucas qu’elle devient peu à peu un rite annuel.
Adolescent, Lucas s’amuse à disséquer les effets spéciaux des nouvelles attractions avec un œil de plus en plus exercé. Peut-être pressent-il déjà les bases de ses propres univers. À 20 ans, il se passionne pour les véhicules de course et la conduite rapide. Échappant de justesse à un terrible accident de la route et, conscient qu’il aurait pu lui être fatal, il décide de se consacrer entièrement à un but : devenir cinéaste.

Quand Disney courtise Lucas

15 ans plus tard, auréolé du succès planétaire de Star Wars, Lucas est devenu une star très sollicitée. Le nouveau PDG de Disney, Michael Eisner, connaît la fascination du cinéaste pour Disneyland. Il lui propose de réinventer Tomorrowland et de produire Captain Eo, une comédie musicale en relief de 17 minutes avec Michael Jackson. Lucas accepte immédiatement et recrute son ami et mentor Francis Ford Coppola pour réaliser le film de l’attraction. Pendant la projection des combats spatiaux et des numéros musicaux, des fumigènes et des lasers parfaitement synchronisés surprennent le public. Captain Eo est inauguré en septembre 1986 et attire aussitôt l’attention des médias et des visiteurs qui se pressent à Disneyland. Lucas et Eisner décident alors d’adapter La Guerre des Etoiles sous la forme d’une attraction. Mais comment évoquer un univers aussi riche par des trucages “en direct” ? Lucas étudie le problème avec son pragmatisme habituel. Il mène son enquête et apprend que les “Imagineers” chargés de la conception des attractions testent des simulateurs de vol. Ces plates-formes juchées sur trois gros vérins hydrauliques sont utilisées pour entraîner les pilotes d’avions. Elles oscillent en tous sens, et reconstituent ainsi la plupart des mouvements d’un vol. George Lucas, toujours passionné de vitesse, imagine aussitôt leur potentiel exploitable, et propose de transformer les simulateurs en astronefs de tourisme. Lucas et l’imagineer Tom Fitzgerald déterminent rapidement les moindres détails de l’attraction et la baptisent Star Tours. On peut entendre un hommage crypté des Imagineers à Lucas dès que l’on pénètre dans le hall de “l’agence interstellaire” : une hôtesse demande à “Mr Egroeg Sacul” (“George Lucas” à l’envers !) de se rendre d’urgence au guichet d’embarquement ! Le hall central permet d’accéder aux 6 simulateurs de vol que recèle l’attraction. ILM a réalisé le long plan subjectif du voyage spatial que l’on découvre à l’intérieur de la navette, au travers du hublot avant. Dès son envol, l’astronef s’engage sur une mauvaise piste, défonce les portes d’un hangar de maintenance, et déviant de sa trajectoire initiale, se retrouve en approche de la redoutable “étoile de la mort”, sous les tirs croisés des vaisseaux de l’Empire ! Inaugurée à Disneyland (Californie) en 1987, Star Tours demeure l`une des attractions les plus populaire au monde et une formidable source de revenus pour Lucas. Au-delà même de ses accords financiers avec Disney, tenus secrets, Lucas dispose de boutiques pleines de produits dérivés Star Wars situées à la sortie de chaque attraction Star Tours, en Californie, en Floride, en France et au Japon. Compte tenu des décalages horaires, on peut estimer qu’à chaque minute, une personne dans le monde découvre l’attraction, et se laisse tenter par l’achat d’un souvenir au terme de sa visite !

Terreur Extraterrestre

La troisième collaboration “science-fictionnesque” de Lucas et Disney est moins connue. Il s’agit de Alien Extraterrorestrial Encounter (“Rencontre Extraterrorisante”), créée pour le parc Magic Kingdom de Floride. Dès l’entrée, on y peut y voir les produits de “X-S Tech”, une société alien qui commercialise des Téléporteurs. La salle principale, sombre, truffée de recoins, est conçue pour distiller l’angoisse. Un carcan s’abat même sur les épaules des spectateurs pour les immobiliser dans leurs fauteuils inconfortables, juste devant le Téléporteur central ! À défaut du président d’X-S Tech, c’est un monstre qui se retrouve accidentellement téléporté à l’intérieur du cylindre qu`il brise, avant de s’élancer dans la salle plongée dans l’obscurité totale ! De nombreux effets spéciaux “sensoriels” et auditifs sont alors employés par Lucas afin que l`imagination du public prendre le relais, comme à l’époque où il frissonnait à l`écoute des feuilletons d’horreur radiophonique ! Jugée trop effrayante par de nombreux parents, cette attraction a hélas disparu en 2004, remplacée par une rencontre humoristique avec Stitch, l’extraterrestre du film d’animation Lilo & Stitch, qui met à profit les mêmes installations techniques.

Le retour d’Indiana Jones

Après avoir rajeuni Tomorrowland, George Lucas renouvelle ses accords avec Disney et conçoit de nouvelles aventures d’Indiana Jones pour la zone d’Adventureland . Disneyland Paris a été ainsi doté du Temple du péril, une montagne russe dont les wagonnets évoquent Indiana Jones et le temple maudit. En Floride, le parc Disney-MGM présente six fois par jour le spectacle de cascades Indiana Jones Epic stunt Spectacular, qui reconstitue les scènes principales des Aventuriers de l’arche perdue devant une salle de 2000 places. George Lucas et Indiana Jones sont les vedettes incontestées du 40e anniversaire de Disneyland en avril 95. Lucas inaugura alors Indiana Jones et Le temple de l’œil interdit, véritable chef d’œuvre en matière d’attraction, supervisé par le maître en personne. Lucas est si fier du résultat qu’il a même fait installer le camion utilisé sur le tournage des Aventuriers de l’arche Perdue à l’entrée de la file d’attente. En pénétrant dans un décor de chantier archéologique, on apprend qu’Indiana Jones a découvert le temple de Mara, une déesse maléfique. Les visiteurs prennent place dans des jeeps pour découvrir le temple, un extraordinaire labyrinthe à demi inondé de lave. Un Harrison Ford robotisé plus vrai que nature crie aux visiteurs de changer de cap pour éviter in extremis les pièges qui se dressent sur leur route ! Les véhicules, véritables simulateurs de vol sur roues, amplifient les sensations de vitesse, dérapage et freinage de chaque scène, tandis que le système stéréo intégré génère les crissements de pneus, les vrombissements du moteur et la musique (signée John Williams !) de ce fantastique voyage. À la sortie de l’attraction, les visiteurs enthousiastes sont prêts à sacrifier leurs cartes de crédit dans le temple du merchandising : la boutique de produits dérivés “Indiana Jones” est située à deux pas de là ! Lucas a refermé la parenthèse “Parcs d’attractions” de sa carrière sur ce coup de maître et annoncé un mois plus tard, le 31 mai 1995, qu’il mettait en chantier une nouvelle trilogie de La Guerre des étoiles. Depuis la sortie de La Revanche des Sith, de nombreuses rumeurs font état du désir de George Lucas de retravailler sur Star Tours, de doter l’attraction de technologies plus modernes (projection numérique, écran plus grand) et surtout de nouveaux films qui permettraient de faire plusieurs voyages plutôt qu`un seul. Désormais, il ne reste plus qu’à attendre que Lucas et Bob Iger, le nouveau Pdg de Disney, se mettent d’accord sur un concept et surtout, sur un budget !

Pascal Pinteau