The Cemetery of Lost Souls  : livre maudit

mercredi 16 décembre 2020

 

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Un livre écrit par Satan lui-même déclenche l’enfer dans une église. The Cemetery of Lost Souls (O Cemitério das Almas Perdidas), dédié à José Mojica Marins, décédé en février 2020, et qui avait réalisé le premier film d’horreur du Brésil, À minuit, je vais prendre ton âme (1964), est l’œuvre du scénariste-réalisateur Rodrigo Aragão, cinéaste […]

Un livre écrit par Satan lui-même déclenche l’enfer dans une église.

The Cemetery of Lost Souls (O Cemitério das Almas Perdidas), dédié à José Mojica Marins, décédé en février 2020, et qui avait réalisé le premier film d’horreur du Brésil, À minuit, je vais prendre ton âme (1964), est l’œuvre du scénariste-réalisateur Rodrigo Aragão, cinéaste de genre indépendant qui revendique cet héritage artistique, embrassant également l’excès sous toutes ses formes, tout en explorant des terrains spécifiquement brésiliens de traumatismes psychologiques et sociologiques avec un sens maniaque de la mythologie. Un livre de magie noire et une église de pierre en ruine jouent un rôle aussi important dans ce « cimetière des âmes perdues » que dans le précédent The Black Forest (A Mata Negra, 2018), mais ce film très différent retrace l’affrontement sans fin des pratiques chamaniques indigènes et des valeurs chrétiennes importées à partir desquelles la nation brésilienne a été forgée. L’histoire commence il y a des siècles au Portugal, avec un prêtre aveugle écrivant un grimoire alors que Satan lui-même lui chuchote à l’oreille. Les inquisiteurs tuent horriblement l’homme d’église et s’emparent du livre, ensuite volé par un jésuite meurtrier qui, adoptant le nom de Cipriano, affronte les océans pour apporter ledit ouvrage à une mission brésilienne, acquérant par là même un culte, avec ses miracles diaboliques (tous nécessitant des sacrifices sanglants). Le livre, qui au fil du film sera utilisé, abusé, volé, déchiré et réunifié, change à jamais le paysage culturel de sa nouvelle demeure, devenant une chronique sanglante du mariage difficile entre le paganisme et le christianisme. Sur le mur de la crypte de l’église où Cipriano mène maintenant ses rites, il y a la proéminente inscription latine mortui resurgent (« les morts ressusciteront »), le métrage se transformant en spectacle de Grand Guignol, tandis que Cipriano et ses adeptes vont mener leurs assauts sataniques au-delà de l’enceinte de l’église où ils sont actuellement piégés.