THE CURSED

lundi 15 janvier 2024

 

Catégorie(s):

Extrait:
A voir en VOD ! (Netflix)

 

THE CURSED

Dans la gueule du loup

****

(Eight For Silver). Royaume-Uni/France/USA. 2021. Réal. et scén.: Sean Ellis. Prod : Sean Ellis, Mickey Liddell, Pete Shilaimon. Photo : Sean Ellis. Mus.: Robin Foster. Mont.: Yorgos Mavropsaridis et Richard Mettler. 1h51. Avec : Boyd Holbrook, Kelly Reilly, Alistair Petrie, Roxane Duran. (Netflix).

 

À la fin du XIXe siècle, John McBride, un jeune scientifique, est dépêché en pleine campagne française afin d’élucider le mystère entourant la mort d’un adolescent de quatorze ans retrouvé dans les bois. Il conclut rapidement que l’enfant a été victime d’un animal dont il connaît les origines. Avec l’aide des nobles du village, il va tout mettre en œuvre pour tuer cette créature monstrueuse…

Le film débute sur le champ de bataille de la Première Guerre mondiale avec une séquence aussi sanglante que réaliste qui remue les tripes. Puis le récit nous transporte 35 ans auparavant au sein d’une famille aisée vivant dans la campagne française. En quelques minutes, Sean Ellis, cinéaste britannique révélé avec Cashback et The Broken, parvient à instaurer une atmosphère gothique qui d’abord inquiétante va peu à peu devenir terrifiante et suffocante. S’appuyant sur une photographie soignée (et qui sait tirer profit des paysages champêtres de la Charente) et une B.O. aussi atmosphérique qu’angoissante signée Robin Foster, le réalisateur prend le temps de planter la situation et les personnages, mais aussi les raisons de la terrible malédiction qui s’abat sur les nobles du village. Puis il fait monter le suspense crescendo, pendant plus d’une heure et ce jusqu’au dénouement brutal et violent. Il tisse ainsi une histoire de vengeance tout en en revisitant, avec brio, le film de loup-garou. Car c’est bien de lycanthropie, ici, qu’il s’agit, Ellis s’appropriant les codes du genre pour en livrer une vision très personnelle. Comme en témoigne la créature qui se distingue de la plupart de ses congénères et dont l’horrible apparence fait froid dans le dos. Servi par des effets spéciaux particulièrement réussis, Ellis nous gratifie ainsi de séquences mémorables, à l’image de la scène de vivisection, dans la grange, et qui n’est pas sans évoquer The Thing de John Carpenter. Peu avare en gore, le film, malgré quelques longueurs, possède ainsi une réelle personnalité, renouant même, par moments, avec les ambiances des productions de la Hammer. Les attaques du monstre sont, en outre, impressionnantes et contribuent à la tension distillée par le récit. L’interprétation est de plus particulièrement convaincante dominée par Boyd Holbrook et Kelly Reilly, tous les deux formidables dans leurs rôles respectifs. En résulte une œuvre de haute tenue qui, restée inédite dans les salles françaises en raison de la crise sanitaire, est à découvrir de toute urgence.

 

 

Erwan BARGAIN