Hommage à James Herbert

Nécro JAMES HERBERT Le quatrième des grands fantastiqueurs Décédé le mercredi 20 mars dernier à son domicile du Sussex à l’âge de 69 ans, James Herbert, né à Londres le 8 avril 1943, faisait partie de ces auteurs anglo-saxons du fantastique horrifique qui, à la suite de Richard Matheson, est à ranger au sein de ce solide quatuor du genre comptant aussi Stephen King, Dean R. Koontz et Graham Masterton, même si son œuvre, quantitativement en tout cas (23 roman au total) ne peut tout à fait s’aligner avec celle de ses illustres collègues. C’est à l’âge de 28 ans, avec Les rats (1974), histoire de rongeurs noirs et mutants envahissant Londres, que la carrière de Herbert est lancée. Il donnera trois suites à ce roman, qui l’ancre durablement dans une thématique très anglaise, le roman-catastrophe, auquel appartient aussi, l’année suivante, Fog (rien à voir avec le film de Carpenter) qui évoque les résultats d’une arme chimique échappée d’un laboratoire de l’armée. Le survivant (Survivor) en 1976, suit le destin de l’unique rescapé d’un crash aérien qui a fait 300 morts. La suite de la carrière de James Herbert se déroulera sagement, si l’on peut dire, entre les histoires de réincarnation (Fluke, Les Autres – rien à voir non plus avec le film d’Amenabar) ou de fantômes (Hanté, La conspiration des fantômes, Le jour où je suis mort). Plus originales sont ses incursions dans le nazisme, avec La Lance, sur une conspiration néo-nazi en Grande-Bretagne, ou 48, sur une gigantesque épidémie déclenchée en 1948 par Hitler juste avant d’être vaincue, roman qui mêle avec adresse l’uchronie et le post-catastrophique. 54 millions d’exemplaires des romans d’Herbert on été vendus dans le monde son dernier ouvrage, Ash (2012), vient d’être publié en Grande-Bretagne. Malgré ce palmarès, le cinéma s’est malheureusement beaucoup moins intéressé à lui qu’à ses confrères, King en particulier. Pourtant, ses Rats ont très vite trouvé le chemin du grand écran, avec Les rats attaquent (Deadly Eyes) en 1982, signé Robert Clouse. Mais c’est l’année précédente qu’il eut droit à son adaptation la plus connue, celle de Survivors, avec Le survivant d’un monde parallèle, dirigé et interprété par David Hemmings, qui fut présenté en avant première au Festival International de Paris du Film Fantastique et de Science-Fiction, mais ne rencontra qu’un succès mitigé. En 1995, Fluke, tiré du roman éponyme, raconte comment Thomas Johnson, tué lors d’une accident de voiture, se réincarne dans le corps d’un chien. Cette comédie satirique, signée Carlos Carlei, n’a eu droit dans l’hexagone qu’à une sortie dvd en 2003. La même année, Haunted (Lewis Gilbert), voit un spirite enquêter sur la mort de deux jeunes enfants. La mini-série en trois parties «The Secret of Crickley Hall» (2012, par Joe Ahearne), encore une histoire de maison hantée tirée de son avant-dernier roman (2006) conclura ce trop bref passage au Septième Art. Mais, consacré en 2010 Grand Maître de l`horreur par la World Horror Convention, James Herbert peut encore s’attendre à un nouveau regard posthume. En attendant, on peut relire sa tétralogie des Rats, publiée en un seul volume en 2008 chez Bragelonne. Jean-Pierre Andrevon ...