Maurice Dantec, une étoile filante de la science-fiction française qui s’éteint

Maurice Dantec, une étoile filante de la science-fiction française qui s’éteint…. Maurice G. Dantec est mort le 25 juin d’une crise cardiaque à Montréal, où il résidait depuis 1998. Il avait 57 ans. Né près de Grenoble en 1959, il fait ses débuts dans la musique à la fin des année 70 au sein du groupe synth-punk Artefact. Puis, en 1992, il publie un premier polar, « La Sirène rouge », adapté en 2002 au cinéma par Olivier Megaton dans le style violent propre à l’auteur comme au cinéaste. Suivront en 1995 « Les Racines du mal », un thriller épique sous forme de Road Movie puis, en 1999, « Babylon Babies », où il aborde la science-fiction, qu’il ne quittera plus — ces deux ouvrages pouvant être considéré comme ses meilleurs. « Villa Vortex », « Cosmos Incorporated », « Métarcortex », « Les Résidents » enfin en 2014 persévéreront dans la voix qu’il s’est tracé, une SF punk-rock sombre et ultraviolente où il ne cesse de broder sur la décadence et la fin de la civilisation occidentale, des thèmes qu’il peaufinera dans ses essais à la limite du lisible, les trois tomes de « Théâtre des Opérations ». Mais depuis longtemps le divorce avait été irrémédiable entre une SF française majoritairement classée à gauche, et un auteur rétif et rebelle se disant catholique futuriste et chrétien sioniste, qui avait des contacts avec le Bloc Identitaire, soutenait George Bush et Phillippe de Villiers. Tardivement, en 2008, Matthieu Kassovitz avait tenté l’adaptation de « Babylon Babies », tourné aux Etats-Unis et sorti en 2008 sous le titre « Babylon A.D. » avec Vin Diesel. Mais cet essai d’acclimatation US avait tourné court, le film ayant été un cuisant échec financier. Il n’empêche que, malgré ses outrances et ses errances, Dantec restera comme un écrivain singulier, avec ses fulgurances qui peuvent, toutes proportions gardées, l’apparenter à Céline, qu’il admirait. J-P A ...