IN MEMORIAM : Michael Clarke Duncan : l`adieu prématuré à un sympathique géant d`Hollywood

Michael Clarke Duncan : l`adieu prématuré à un sympathique géant d`Hollywood. Décédé à 54 ans le lundi 3 septembre des suites d’un infarctus survenu le 13 juillet dernier et pour lequel il était hospitalisé depuis lors au Centre médical Cedars-Sinai de Los Angeles, Michael Clarke Duncan demeurera dans nos mémoires comme un colosse éminemment sympathique. Plus attendrissant au demeurant que véritablement inquiétant, malgré son gabarit hors norme. Impossible en effet pour Frank Darabont d’adapter efficacement La Ligne Verte de Stephen King au cinéma sans la présence incroyable de cet ancien garde du corps, acteur instinctif qui faisait passer avec un talent manifeste toute la détresse de John Coffey, ce géant victime d’une erreur judiciaire, condamné à mort et exécuté malgré tout. Aux pouvoirs extraordinaires mais au fond surtout terriblement humain. Au point de décrocher pour sa performance une nomination à l’Oscar du Meilleur Second Rôle et de devenir une valeur sûre au box office, lui l`enfant des bas quartiers de Chicago, élevé seul par sa mère, se plongeant dans les études pour éviter de céder aux tentations d’un environnement urbain malsain, contraint de travailler jeune pour subvenir à leurs besoins, employé un temps pour la compagnie du gaz puis profitant de sa stature impressionnante (1m96) pour décrocher un emploi d’agent de sécurité sur une tournée théâtrale. Un véritable déclic pour celui qui avait toujours rêvé de voir son nom en haut de l`affiche car le voilà parti tenter sa chance à Hollywood où il obtient quelques rôles de figurant et assure la protection rapprochée de Will Smith et de quelques stars du rap. On le remarque en 1998 dans l’Armaggedon de Michael Bay puis de nouveau aux côtés de Bruce Willis dans Breakfast of Champions d’après Kurt Vonnegut. C`est du reste Bruce Willis qui contacte Frank Darabont, lui recommandant chaudement d’engager Duncan pour La Ligne Verte. Les portes du vedettariat s`ouvrent dès lors à lui et les blockbusters s`enchaînent : La Planète des Singes version Tim Burton où il campe le vigoureux colonel gorille Attar, Le Roi Scorpion aux côtés de The Rock et Daredevil dans un rôle de méchant caïd de comic book. Quelques voix marquantes dans des films d’animation agrémentent sa filmographie dans les années 2000, entre un nouveau Michael Bay (The Island), le grandiose Sin City et un film d’action pur jus (Street Fighter). Sa voix résonne de nouveau dans Green Lantern (Kilowog) alors qu’il enchaîne les apparitions sur le petit écran, en simple guest star la plupart du temps, avant de clore sa carrière par un rôle récurrent dans la série «The Finder» durant 13 épisodes (2012) et quelques films tournés récemment, dont on guettera la sortie dans les prochains mois. Surnommé Big Mike, unanimement apprécié par ses partenaires, le gaillard ne manquait pas d’humour puisqu’il offrait volontiers cinq dollars à tout fan capable non seulement de le reconnaître dans la rue mais de prononcer correctement et entièrement son patronyme. Dépeint comme «magique» par Tom Hanks, défini comme «un exemple de gentillesse, de sens moral et d’intégrité» par Frank Darabont, dévasté à l`annonce de sa disparition; de Gary Sinise à Danny Trejo en passant par Robert Rodriguez, même unanimité chez ceux qui l`ont côtoyé, saluant à parts égales son professionnalisme et sa gentillesse. Il sera désormais difficile de revoir La Ligne Verte sans ressentir une vive émotion face à la prestation méritoire de ce comédien attachant, au sourire aussi large que sa carrure. Et dont le cœur d`or était hélas d`une fragilité inversement proportionnelle à la force tranquille qu`il semblait dégager. Sébastien Socias ...