Abyssal Spider : la criée porte bien son nom

Quand des marins remontent de la mer des araignées gigantesques et mortelles.

Depuis 8 ans, le cinéaste thaïlandais Joe Chien tourne des films d’horreur, apparemment son genre de prédilection, sans pour autant se répéter : il y a le décalé Buttonman, les films de zombies grindhouse Zombie 108 et Zombie Fight Club, le mystère de la maison hantée The House that Never Dies II, ainsi que le fantasmagorique The Apostles, dans la lignée de Silent Hill, avec son étonnant twist final. Avec Abyssal Spider, Chien s’essaye à un long-métrage de créatures maritimes. Il y a un an, un acte d’insouciance du garde-côte Jie a causé la mort de son patron lors d’une opération de sauvetage. Désormais rejeté par la communauté de marins de sa ville portuaire et devant s’occuper seul de sa fille après la mort de sa femme, il doit implorer son beau-père plein de ressentiments pour obtenir un emploi sur son bateau de pêche. Le père en deuil accepte à contrecœur, mais la plupart des membres de l’équipage sont hostiles à la présence de Jie, d’autant plus qu’à l’insu du capitaine, ils utilisent cette expédition de pêche comme une opportunité de trafic de drogue. Il y a aussi la crainte de la malchance quand un jeune aide de cuisine se révèle être une femme – une femme à bord attirant le désastre selon les vieilles superstitions. À cela s’ajoute la perplexité lorsqu’une mystérieuse naufragée est retrouvée au milieu de la mer et l’exaltation – de très courte durée – suite à une prise miraculeuse : avec les poissons remontés dans les filets, les pêcheurs ont en effet amené à bord des araignées mortelles et mystérieusement disproportionnées. Loin du film de créature ridicule et bon marché que son titre pourrait éventuellement laisser supposer, Abyssal Spider est un petit film d’horreur efficace étoffant ses personnages. Les araignées elles-mêmes (mélange d’effets numériques et d’effets spéciaux en direct) étant convaincantes, car jamais trop longtemps sous les projecteurs.

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