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jeudi 14 avril 2016

 

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Notre critique de : LE FANTÔME DE CANTERVILLE SORTIE : 6 AVRIL 2016 Au vu de l’affiche occupée par Michaël Youn et du passé contrasté du réalisateur Yann Samuell – « Jeux d’enfants », « My Sassy Girl », « La Guerre des boutons » –, on était en droit de craindre le pire, une […]

Notre critique de :

LE FANTÔME DE CANTERVILLE

SORTIE : 6 AVRIL 2016

Au vu de l’affiche occupée par Michaël Youn et du passé contrasté du réalisateur Yann Samuell – « Jeux d’enfants », « My Sassy Girl », « La Guerre des boutons » –, on était en droit de craindre le pire, une de ces productions françaises irréfléchies recyclant de bons clients de la télévision ayant moins un talent d’acteur qu’une capacité à animer des émissions grand public attirant les mêmes en salles pour y manger du popcorn. Heureusement, le traitement est bien plus abouti, et ne cède pas totalement à la facilité. Certes, qui aura visionné le film-culte de Tim Burton, « Beetlejuice », aura une très forte impression de déjà-vu, mais il y a fort à parier que les jeunes spectateurs prendront plaisir à ce spectacle familial qui fait tout pour les séduire sans jamais les choquer. Les accompagnateurs plus âgés, eux, trouveront plus difficile d’entrer dans cette histoire de famille libérée capable de vivre sans frémir en compagnie des spectres, car rien n’explique réellement la raison de leur sang-froid surnaturel – être adepte du Feng shui et du Yoga ou de l’oreillette Bluetooth n’arme pas spécialement contre les rencontres de l’au-delà. Il faut donc une sérieuse dose de bienveillance pour accepter ce prédicat facile. Heureusement, face à elle, le duo formé par l’irrésistible Audrey Fleurot, parfaite en femme de caractère romantique, et Michaël Youn, qui résiste à la tentation d’en faire trop, fonctionne à plein et tient réellement tout le film sur ses épaules, en dépit de dialogues et situations écrits à la va-vite. Car d’Oscar Wilde, on ne garde que l’idée du fantôme qui ne fait pas peur, sans jamais chercher à raconter autre chose sur la famille, le choc des générations ou les relations amoureuses. Tout est très sage et propre, et les anecdotes secondaires ne dépassent jamais ce stade-là, celui de bouche-trou sans grand intérêt qui ne semble exister que pour tenir sur la distance. La comédie horrifique familiale n’est sans doute pas l’exercice de style le plus facile à réaliser, tant il est nécessite de marcher sur la corde raide et de marier les genres en poussant les curseurs le plus loin possible – on pourrait ainsi citer « Gremlins » ou » Les Goonies » –, et non pas à rester dans une zone de confiance qui s’avère, au final, bien soporifique. Une fois encore, le fantastique ne réussit pas à nos productions hexagonales, faute d’ambition.

Yann LEBECQUE