WU MA, le taoïste rappeur des « Histoires de fantômes chinois » nous a quittés (voir ci-dessous)

samedi 8 février 2014

 

Catégorie(s):

Extrait:
Né le 18 août 1942 à Tianjin, Chine, sous le nom de Feng Hongyuan, Wu Ma reste l’un des visages les plus reconnaissables du cinéma asiatique. Véritable boulimique des tournages, l’acteur possède, en effet, plus de 250 rôles à son actif. À 16 ans, il s’installe à Canton et devient machiniste puis, deux ans plus […]

Né le 18 août 1942 à Tianjin, Chine, sous le nom de Feng Hongyuan, Wu Ma reste l’un des visages les plus reconnaissables du cinéma asiatique. Véritable boulimique des tournages, l’acteur possède, en effet, plus de 250 rôles à son actif. À 16 ans, il s’installe à Canton et devient machiniste puis, deux ans plus tard, émigre à Hong Kong où il suit les cours de comédie dispensés par la Shaw Brother. Diplômé, il effectue ses débuts dans Lady General Hua Mulan, biopic consacré à la célèbre héroïne popularisée plusieurs décennies plus tard par Disney. Par la suite, il trouve d’innombrables petits rôles dans des productions martiales prestigieuses de la Shaw Brothers comme Temple of the Red Lotus. Bien évidemment, il croise le chemin de Chang Cheh, considéré comme le meilleur cinéaste de la compagnie, qui l’engage sur Le Trio Magnifique. A la fin des années ’60, il remplace au pied levé un assistant réalisateur indisponible et prend goût à ses nouvelles fonctions, devenant l’assistant de Chang Cheh sur l’excellent Le Retour de l’Hirondelle d’Or. Satisfaits de leur collaboration, les deux hommes la poursuivent sur de nombreux Wu Xia Pian tels Invincible Fist, Le bras de la vengeance, etc. Soucieux de devenir metteur en scène à part entière, Wu Ma propose, en 1970, son Wrath of the Sword, sorti en France sous le titre ridicule de Miss Judoka règle ses comptes au karaté, témoignant du mépris des distributeurs de l’époque pour le cinéma «kung-fu». Durant toute cette décennie, Wu Ma enchaîne frénétiquement les tournages et passe alternativement devant ou derrière la caméra. Il retrouve Chang Cheh à de nombreuses reprises, cette fois en tant que coréalisateur, et travaille sur des superproductions épiques comme La légende du Lac ou le superbe Temple de Shaolin resté célèbre pour son formidable affrontement final !
Wu Ma quitte la Shaw Brother au milieu des années ’70 et s’établit réalisateur indépendant, prenant en marche le train lucratif du kung-fu. Il s’associe un temps aux stars montantes comme Dorian Tan (Shaolin et les 8 serpents) ou Wong Tao (Le retour du Tigre) qui courent après le succès de Jackie Chan. Au début des années ’80, le désamour du public pour le cinéma martial le conduit à se reconvertir dans un genre très populaire à Hong Kong, la «ghost kung-fu comedy». Acteur dans le très amusant L’Exorciste chinois de Sammo Hung (1980), il en réalise, trois ans plus tard, une déclinaison (La Fureur du revenant) qui connaît un grand succès et impose ce mélange, quelque peu incongru pour le public occidental, de fantastique, d’arts martiaux et de romance teintée d’une touche d’épouvante. Devenu très populaire, Wu Ma s’invite dans de nombreuses productions similaires (Mr Vampire et ses innombrables séquelles) et trouve la consécration dans le splendide Histoires de fantômes chinois de Tony Ching Siu Tung dans lequel il campe un moine taoïste chasseur de spectres accessoirement chanteur de rap !
Très satisfait de ce film, Wu Ma s’emploie à l’imiter avec le sympathique Portrait de fantômes chinois puis se spécialise dans les histoires de hantises : My cousin the Ghost, Burning Sensation, Fox Legend, A Chinese Ghostbuster ou Exorcist Master. Des titres souvent mineurs qui se contentent d’exploiter une formule rapidement essoufflée. Parallèlement, il retrouve ses personnages fétiches dans Histoires de fantômes chinois 2 ou L’Exorciste chinois 2. Mais le public chinois se lasse et la vague surnaturelle s’achève dès le début des années ’90.
Suite à la rétrocession de Hong Kong, la carrière de Wu Ma marque le pas : il accepte des petits budgets alimentaires puis se reconvertit dans les séries télévisées destinées à la Chine continentale. Grand fumeur, Wu Ma se voit diagnostiquer, début 2013, un cancer du poumon incurable qui l’emporte finalement le 4 février 2014.